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	<title>Prospective Vivre demain</title>
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	<description>Le site de la collection, aux éditions Dangles</description>
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		<title>Prospective Vivre demain</title>
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		<item>
		<title>L&#8217;éolien et le photovoltaïque sont-ils utiles ?, par Yves Garipuy</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 13:36:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yves Garipuy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Energies et écologie]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[énergies fossiles]]></category>
		<category><![CDATA[éolien]]></category>
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		<category><![CDATA[phovoltaïque]]></category>

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		<description><![CDATA[D’après des sondages, une majorité de français est favorable à la sortie du nucléaire, en s’appuyant sur son remplacement possible par de l’éolien et du photovoltaïque. Ainsi on aurait une solution élégante à la succession du nucléaire et des énergies fossiles. Mais une telle évolution est-elle possible ? Le photovoltaïque produit en France continentale 950 [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=524&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/installer-une-eolienne-individuelle-le-petit-eolien-2009-11-18-01-10.jpg"><img class="alignleft  wp-image-525" title="Eolien" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/installer-une-eolienne-individuelle-le-petit-eolien-2009-11-18-01-10.jpg?w=210&h=207" alt="Eolien" width="210" height="207" /></a>D’après des sondages, une majorité de français est favorable à la sortie du nucléaire, en s’appuyant sur son remplacement possible par de l’éolien et du photovoltaïque.<br />
Ainsi on aurait une solution élégante à la succession du nucléaire et des énergies fossiles.<br />
Mais une telle évolution est-elle possible ?</div>
<div style="text-align:justify;"><span id="more-524"></span><br />
Le photovoltaïque produit en France continentale 950 heures équivalentes plein soleil en moyenne par an, soit 11% du temps. L’éolien de son côté, produit l’équivalent de 23% du temps (d’après RTE). Donc ces deux moyens cumulés ne peuvent produire au maximum que pendant le tiers du temps. De plus, leur irrégularité intrinsèque doit pouvoir être compensée par le réseau électrique existant sans que sa stabilité soit menacée, ce qui limite la fourniture de ces énergies nouvelles à 30% du total (chiffre fixé par la loi). On pourrait augmenter ce taux en installant davantage de turbines à gaz, donc en augmentant la consommation de gaz (c’est ce que fait l’Allemagne, augmentant sa dépendance au gaz russe). Donc, actuellement on ne peut produire au maximum en France que 33% x 30%  = 10% de la consommation électrique totale (en Allemagne, malgré des investissements massifs, la production n’a été en 2010 que de 1,9% en photovoltaïque et 5,9% en éolien, soit 7,8% de la consommation totale). L’électricité ne représentant que 40% de l’énergie totale consommée, l’éolien et le photovoltaïque ne peuvent représenter actuellement au plus en France que 4% de l’énergie totale.<br />
On pourrait se consoler de cette maigre contribution en la présentant comme un appoint énergétique opportun. Ce n’est pas le cas, comme l’écrit RWE (2ème producteur d’électricité allemand) dans un rapport de décembre 2009 : « Non seulement l’éolien est irrégulier, mais il est presque toujours absent quand on en a le plus besoin ». En effet, le besoin maximum d’électricité correspond à des vagues de froid, en régime anticyclonique, avec peu de vent donc. Et le photovoltaïque ne produit pratiquement pas à l’heure de pointe (19h) et beaucoup moins en hiver qu’en été.<br />
Cet apport est faible, mais aussi terriblement coûteux. Ces énergies nouvelles ne permettent pas d’éviter l’installation de la moindre centrale nucléaire, car pendant le temps où elles ne produisent pas, il faut bien que les autres moyens soient présents. EDF doit actuellement racheter aux producteurs ces énergies (qui sont ensuite refacturées aux consommateurs), à un prix moyen de l’ordre de 0,2 €/kWh. Cette fourniture ne permet à EDF qu’une économie de son combustible nucléaire, soit 0,002 €/kWh, 100 fois moins que cela lui coûte. Le surcoût (qui signifie un gaspillage pur) représentera 5 milliards d’euros par an en 2020 (achèvement du plan du Grenelle de l’environnement), et 10 Md€/an pour l’installation maximum.<br />
Un tel gaspillage est choquant, et surtout ne règle en rien le problème énergétique. Or il y a urgence à définir des solutions véritables, sous peine de devoir réduire à court terme l’activité économique. Il faut savoir que la production mondiale de pétrole plafonne depuis 5 ans (d’après les chiffres reconnus de BP Statistical Review). Selon la théorie du<em> peak oil</em>, ce plateau doit être suivi par un déclin. Rien n’aura été prévu pour cette situation (la voiture électrique ne permettant d’économiser au mieux que 6% du pétrole consommé par le transport en 2030). Les vrais ennuis commenceront alors.</div>
<div style="text-align:right;">Yves Garipuy</div>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/energies-et-ecologie/'>Energies et écologie</a> Tagged: <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/energie/'>énergie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/energies-fossiles/'>énergies fossiles</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/eolien/'>éolien</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/nucleaire/'>nucléaire</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/petrole/'>pétrole</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/peak-oil/'>peak oil</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/phovoltaique/'>phovoltaïque</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/524/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/524/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=524&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Un modèle pour comprendre notre société, par Michel Cartier</title>
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		<comments>http://prospective-vivredemain.com/2011/12/21/un-modele-pour-comprendre-notre-societe-par-michel-cartier/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 14:49:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Cartier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société et politique]]></category>
		<category><![CDATA[connectivité]]></category>
		<category><![CDATA[rupture]]></category>
		<category><![CDATA[société de l'information]]></category>
		<category><![CDATA[société de la connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[société postindustrielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand une société industrielle bascule et devient postindustrielle, elle se place au bord du chaos, disent les spécialistes ; c’est pourquoi tous ses acteurs perdent leurs points de repère. Les dirigeants refusent une rupture qui leur semble un saut dans l’inconnu tandis que les citoyens intuitionnent l’importance des changements à venir et leurs coûts qui [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=491&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/externalisation.jpg"><img class="alignright  wp-image-492" title="Société post-industrielle" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/externalisation.jpg?w=240&h=194" alt="Société post-industrielle" width="240" height="194" /></a>Quand une société industrielle bascule et devient postindustrielle, elle se place au bord du chaos, disent les spécialistes ; c’est pourquoi tous ses acteurs perdent leurs points de repère. Les dirigeants refusent une rupture qui leur semble un saut dans l’inconnu tandis que les citoyens intuitionnent l’importance des changements à venir et leurs coûts qui seront encore une fois placés sur leurs épaules. C’est pour ces raisons que tous les acteurs aimeraient « voir »  un modèle de la société de l’information qui leur donnerait le goût du futur. Ils savent qu’ils ne peuvent se fier aux médias parce que ceux-ci utilisent encore un modèle industriel pour décrire les mutations de notre monde devenant postindustriel.</p>
<p><span id="more-491"></span></p>
<p>Ci-dessous, voici un schéma qui, sous la forme d’un cube, explique les relations qui existent entre les forces qui façonnent ce nouveau monde qui émerge.</p>
<p>On peut envisager l’organisation de la société de la connaissance comme une série de paliers et de nœuds ; l’information est son matériau de base. Elle circule du haut vers le bas à partir des centres publics de connectivité (banques, centres commerciaux, hôpitaux, ministères, universités, conglomérats de médias, etc.) et elle circule du bas vers le haut via les centres de connectivité privés et personnels (maison, bureau, salle de classe, auto, place publique, etc.) afin de susciter les consensus nécessaires au développement.</p>
</div>
<p style="text-align:center;">&#8212; A &#8212;</p>
<div style="text-align:justify;">
<p>À la base du cube, donc de la société, on trouve trois dimensions humaines (technologique, économique et sociétale) et une dimension physique (le territoire, c’est-à-dire sa biosphère).</p>
<p>Les quatre éléments de base (dans le schéma : la société civile, les classes économiques, les classes politiques et l’environnement) sont dynamisés par ce lien interactif que les citoyens utilisent pour les définir : l’éducation.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier1.jpg"><img class="size-full wp-image-493 aligncenter" title="MichelCartier1" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier1.jpg?w=468&h=210" alt="" width="468" height="210" /></a></p>
</div>
<p style="text-align:center;">&#8212; B &#8212;</p>
<div style="text-align:justify;">
<p>À l’autre niveau du cube, nous trouvons quatre éléments moteurs qui fonctionnent à partir des mêmes dimensions. Ce sont quatre réseaux (les réseaux des institutions gouvernementales, les réseaux sociaux, les réseaux des marchés et les réseaux écologiques) qui utilisent les technologies numériques, c’est-à-dire la nouvelle génération Internet 2 ou Web 2.0. Ces réseaux servent de support aux négociations qui donnent naissance au projet collectif de société :</p>
<p>En fait, le projet de société est le pôle politique parce qu’il est la somme des efforts de tous les éléments et de tous les acteurs comme le révèle la lecture du schéma.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier2.jpg"><img class="size-full wp-image-494 aligncenter" title="MichelCartier2" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier2.jpg?w=468&h=216" alt="" width="468" height="216" /></a></p>
</div>
<p style="text-align:center;">&#8212; C &#8212;</p>
<div style="text-align:justify;">Entre les quatre éléments de base et les quatre éléments moteurs existent aussi des liens dynamiques :</div>
<div style="text-align:justify;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-495" title="MichelCartier3" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier3.jpg?w=468&h=302" alt="" width="468" height="302" /></a></div>
<p style="text-align:center;">&#8212; Le cube &#8212;-</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-496" title="MichelCartier4" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier4.jpg?w=468&h=289" alt="" width="468" height="289" /></a></p>
<div style="text-align:justify;">
<p><strong>Les caractéristiques du modèle</strong></p>
<p>• Le modèle est universel. Le cube est le même pour n’importe quelle société. Ce sont les énergies et l’argent que telle ou telle société investit dans chaque élément qui rend celle-ci différente des autres.</p>
<p>• Le modèle décrit l’évolution de la société parce que chaque élément est relié à tous les autres par des liens dynamiques qui génèrent leurs mutations. Dans le schéma, ces liens sont situés graphiquement sur les arêtes du cube.</p>
<p>• Chaque élément peut être aussi analysé par triangulation, c’est-à-dire en tenant compte de toutes les relations auxquelles il participe. Ces triangulations révèlent d’autres importants facteurs de ces dynamismes (voir l’indice du Vivre mieux à la fin du texte).</p>
<p>Exemple de la société civile :<br />
1- Société civile et économie = émergence des niches ;<br />
2- Société civile et biosphère = écocitoyenneté ;<br />
3- Société civile et classes politiques = participation citoyenne ;<br />
4- Société civile et institutions politiques = prise de parole.</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-497" title="MichelCartier5" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier5.jpg?w=468&h=395" alt="" width="468" height="395" /></a></p>
<p>• La résultante de ces dynamismes est décrite dans le schéma 8 du livre ou du site web où l’on décrit comment l’information devient opinion, puis quelquefois consensus, permettant de créer le projet collectif de société.</p>
<p>• Ainsi, le modèle postindustriel proposé diffère-t-il de l’ancien :</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-498" title="MichelCartier6" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier6.jpg?w=468" alt=""   /></a></p>
<p>• Actuellement, notre société est en rupture parce que toutes ses dimensions entrent en rupture en même temps.</p>
<p>• Notre passage à l’ère postindustrielle dépend des négociations publiques autour du projet de société ; négociations à la fois top down et bottom-up entre les élites politiques et économiques et la société civile. Mais, actuellement, ces négociations sont inexistantes. D’où la morosité qui existe actuellement parce que la confiance n’existe plus entre les différents acteurs de la société.</p>
<p>• La prise de parole des citoyens ne doit pas être individuelle (n’utilisant que Facebook ou Twitter par exemple) mais collective (c’est-à-dire via leurs groupes d’intérêts), condition pour l’apparition d’une véritable démocratie participative.</p>
<p>• En créant des opinions, les réseaux sociaux commencent à secouer actuellement l’ordre établi parce qu’ils ne sont pas des réseaux d’information comme auparavant mais plutôt des réseaux de conversation où des citoyens commencent à prendre la parole.</p>
<p>• Partout, à travers le monde, émergent actuellement des prises de parole qui révèlent le ras-le-bol des gens, en particulier des jeunes qui se sentent traités comme des citoyens de seconde zone. Les violences qui éclatent ici et là commencent à devenir des témoignages de dignité bafouée. Cette prise de parole commence à refléter une mondialisation de la colère des gens.</p>
<p>• Cette prise de parole exigera d’importants changements de comportement de la part du citoyen ; là réside l’actuelle possibilité de changement, c’est-à-dire une évolution accélérée de notre société. La crise actuelle n’est donc pas économique, elle est principalement culturelle. Elle durera aussi longtemps que la confiance ne sera pas rétablie entre les acteurs, donc plus de cinq ou six ans</p>
<p>• Notre passage à l’ère postindustrielle dépend aussi d’une mondialisation politique (la création d’entités de gouvernance internationale) qui devra succéder bientôt à la mondialisation économique qui nous a été imposée par les élites économiques durant les dernières quinze années.</p>
<p><strong>La plateforme du XXIe siècle</strong></p>
<p>• Le dynamisme de la société industrielle a été créé par la rencontre du capital et des énergies, tandis que la société postindustrielle se développera a partir de la multiplication des informations par l’Internet.</p>
<p>• Internet actuel intègre maintenant les médias traditionnels (cinéma, radio, télévision et journaux), les médias électroniques (micro-ordinateur, tablette, smartphone, etc.) et les techniques de géoréférencement intelligents ou <em>smart devices</em> (GPS, radio étiquette ou RFID, carte à puce, senseurs, etc.) en un tout numérique interactif (Cloud).</p>
<p>• Cet Internet devient la plateforme de la société postindustrielle, C’est là que commencera à se négocier les activités politiques, économiques et culturelles à partir des consensus obtenus par les prises de parole citoyennes.</p>
<p>• D’où le défi majeur de la société actuelle qui confie le traitement des informations servant à son développement à des consortiums privés qui n’ont que le profit comme objectif et le modèle industriel comme filtre.</p>
<p>• Voici quelques uns des outils de communication, de conscientisation et de participation que le citoyen utilise aujourd’hui dans ses espaces de connectivité personnels, privés ou publics (voir le texte « Les espaces de connectivité »).</p>
<p>On remarque deux changements récents à ce schéma :<br />
- Dans la colonne centrale, celle du <em>narrowcasting</em>, les outils apparaissent maintenant aussi nombreux que dans les autres colonnes.<br />
- Dans le bas du schéma, la partie de l’immédiateté, les outils sont aussi bien nombreux.</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-499" title="MichelCartier7" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/michelcartier7.jpg?w=468&h=645" alt="" width="468" height="645" /></a></p>
<p><strong>Ce que le modèle offre de nouveau :</strong></p>
<p>• Le modèle se veut une ingénierie de l’être-ensemble. Il exige de la part des citoyens que la société postindustrielle devienne une société de la responsabilisation.</p>
<p>• Parce que la société est un système vivant, elle est toujours en mouvement, ses cycles étant faits de bonds, de mutations et de stagnations. Durant l’histoire, à chaque bond il y a eu une augmentation de la qualité et de la quantité des informations, aussi le citoyen devient de plus en plus libre dans ses choix, donc un acteur de plus en plus puissant.</p>
<p>• Ce n’est plus la maximisation du profit qui est le moteur du projet de société postindustrielle mais le traitement de l’information. La qualité de vie dépendra de la qualité de ce traitement.</p>
<p>• Nous ne subissons pas une crise économique mais cinq crises inter-reliées (économique-financière, écologique, énergétique, géopolitique et générationnelle). Les crises sont profondes parce qu’elles exigent des changements de comportement de tous les citoyens de la planète pour la première fois de notre histoire ; elles sont culturelles.</p>
<p>• L’éducation devient le support principal du développement durable parce qu’elle a un impact sur les définitions collectives qui deviennent en fait la culture de cette société.</p>
<p>• À côté des classes politique et économique, un nouvel acteur apparaît, la société civile, qui a commencé à se structurer avec l’arrivée de la rupture, c’est-à-dire vers l’an 2000. Elle est apparue au grand jour lors du colloque sur la Société de l’information, tenu à Tunis en 2005.</p>
<p>• Ce sont les nouvelles caractéristiques d’Internet 2 (GPS, haut débit, mobile, sur-mesure, etc.) qui rendent possible le remplacement d’une économie tertiaire, offrant des services de masse, par une économie quaternaire offrant des services géoréférencés. Ce sont elles qui rendront possible la création de nouveaux réseaux à haut débit grâce à une coordination entre les promoteurs et les ministères donnant naissance à une économie basée sur la proximité et la solidarité.</p>
<p>• Contrairement à la plupart des spécialistes qui ne proposent qu’une approche économique à l’analyse de toutes ces crises, ce modèle utilise simultanément trois filtres d’analyse : technologique, économique et sociétal.</p>
<p>Ainsi, on peut connaître l’évolution d’une société en comparant les chiffres des éléments du cube de l’année X avec ceux de l’année Y, ou connaître sa compétitivité en comparant son cube avec celui des autres sociétés. On peut aussi se demander si une société ou l’un de ses projets a un avenir lorsqu’un ou des éléments du cube sont absents. Cette modélisation débouche sur quatre scénarios de société possibles : une société sécurité, de consommation, de participation ou verte. Voir :</p>
</div>
<p style="text-align:center;">=====================================</p>
<div style="text-align:justify;">
<p><strong>VOIR OU LIRE, en complément :</strong></p>
<ul>
<li>Vidéo-clip sur la rupture (7 minutes) en français : http://vimeo.com/13765606</li>
</ul>
<ul>
<li>Site Web en français : http://www.constellationw.com/fr/accueil</li>
</ul>
<ul>
<li>Livre : La société émergente du XXIe siècle, Michel Cartier et Jon Husband, Dangles Éditions, 2010</li>
</ul>
<ul>
<li>Consulter les textes :</li>
</ul>
<p><a title="Interrogations sur une société de la connaissance, par Michel Cartier" href="http://prospective-vivredemain.com/2011/12/09/interrogations-sur-une-societe-de-la-connaissance-par-michel-cartier/">1- Interrogations</a></p>
<p><a title="Les espaces de connectivité – Un inventaire des usages d’Internet, par Michel Cartier" href="http://prospective-vivredemain.com/2011/12/14/les-espaces-de-connectivite-un-inventaire-des-usages-dinternet-par-michel-cartier/">2- Les espaces de connectivité</a></p>
<p><a title="Rendez-vous virtuels, par Michel Cartier" href="http://prospective-vivredemain.com/2011/12/19/rendez-vous-virtuels-par-michel-cartier/">3-  Rendez-vous virtuels</a></p>
<p style="text-align:center;">=====================================</p>
</div>
<p style="text-align:right;">Michel Cartier</p>
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			<media:title type="html">Société post-industrielle</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Rendez-vous virtuels, par Michel Cartier</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 13:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Cartier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société et politique]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[liens]]></category>
		<category><![CDATA[mutation paradigmatique]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[rupture]]></category>
		<category><![CDATA[société postindustrielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous vivons dans un monde de déni. Par exemple, plusieurs grandes corporations ont intérêt à nous faire douter des recherches entreprises concernant le réchauffement de la planète ou les citoyens qui protestent contre les décisions de leurs élites politiques et économiques se font traiter par celles-ci de « voyous », etc. Et pourtant, depuis une [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=474&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p>Nous vivons dans un monde de déni. Par exemple, plusieurs grandes corporations ont intérêt à nous faire douter des recherches entreprises concernant le réchauffement de la planète ou les citoyens qui protestent contre les décisions de leurs élites politiques et économiques se font traiter par celles-ci de « voyous », etc.</p>
<p>Et pourtant, depuis une dizaine d’années, plusieurs personnes ont vu émerger les crises actuelles et la rupture que nous vivons.</p>
<p>Voici quelques liens intéressants&#8230;</p>
<p><span id="more-474"></span></p>
<p><a href="http://vimeo.com/13765606" target="_blank">Qu’est-ce que la rupture ?</a><br />
Un vidéo-clip par Michel Cartier, John Husband et Benoit Massé, 7.3 minutes<br />
Êtes-vous prêt pour le XXIe siècle ?</p>
<p><a href="http://www.constellationw.com/" target="_blank">La société du XXIe siècle</a><br />
Site Web de MM. Cartier et Husband (en français et en anglais).<br />
(En particulier voir le chapitre sur la rupture).<br />
Êtes-vous prêt pour le XXIe siècle ?</p>
<p><a href="http://www.foreignpolicy.com/the_future_issue" target="_blank">La revue Foreign Policies présente sa vision de la future société</a><br />
Voir en bas de la page la rubrique The Internet + Megatrends (10 oct. 2011).<br />
The Future is Now</p>
<p><a href="http://www.les-ernest.fr/serge_soudoplatoff" target="_blank">Les révolutions causées par l’arrivée d’Internet</a><br />
Conférence de Serge Soudoplatoff à Paris (Ernest), 17 minutes (France).<br />
Les vraies ruptures d’Internet</p>
<p><a href="http://www.trendsresearch.com/forecast.html" target="_blank">La rupture que nous vivons</a><br />
Interview de Gerard Celente du Trends Research Institute, 9.35 minutes (États-Unis).<br />
Major Trends Forecast</p>
<p><a href="http://oreilly.com/web2/archive/what-is-web-20.html" target="_blank">Qu’est-ce que le Web 2.0</a><br />
Cinq textes de Tim O’Reilly (écrits en 2005)<br />
What Is Web 2.0</p>
<p><a href="http://www.millennium-project.org/" target="_blank">Comment gérer les changements à venir ?</a><br />
Site Web du Millenium Project, des Nations-Unies (international).<br />
States of the Futur</p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x72hg3_entreprise-de-demain-marc-halevy_news" target="_blank">L’entreprise de demain dans la nouvelle économie et les niches</a><br />
Marc Halévy, interview, 4.14 min. (Europe).<br />
L’entreprise de demain</p>
<p><a href="http://www.twistimage.com/blog/archives/the-social-media-revolution" target="_blank">La révolution des réseaux sociaux : la coparticipation des gens</a><br />
Interview de Clay Shirky, 23 minutes, par GRIDtv (États-Unis).<br />
The Social Media Revolution</p>
<p><a href="http://www.slideshare.net/mzkagan/what-the-fk-is-social-media-one-year-later" target="_blank">Définition des médias sociaux (et statistiques)</a><br />
Présentation de Brand Information, 83 images-écran (États-Unis, 2008).<br />
What the F**K is Social Media ; One Year Later</p>
<p><a href="http://www.thevenusproject.com/" target="_blank">Les stratégies technologiques qui combleront nos besoins</a><br />
Site Web The Venus Project, par Jacques Fresco (international).<br />
The Venus Project</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=OO39mCdWNvM" target="_blank">Le futur imaginé par Samsung</a><br />
Description des applications développées par ce conglomérat (Corée) 24 min.<br />
L’Empire Samsung – Un œil sur la planète</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=6Cf7IL_eZ38" target="_blank">Vivre dans sa maison, en 2020</a><br />
Un vidéo-clip de 5.3 minutes, fait par la compagnie Corning (YouTube)<br />
A Day Made of Glass</p>
</div>
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	</item>
		<item>
		<title>Le paradigme de l&#8217;économie noétique, par Marc Halévy</title>
		<link>http://prospective-vivredemain.com/2011/12/15/le-paradigme-de-leconomie-noetique-par-marc-halevy/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 14:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Halévy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[économie autarcique]]></category>
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		<description><![CDATA[En économie, notre époque vit le passage du paradigme marchand au paradigme noétique. * Ailleurs, j&#8217;écrivais : &#8220;L&#8217;économie marchande (de l&#8217;enrichissement) s&#8217;inscrit comme antithèse face à cette thèse qu&#8217;était économie autarcique (de la satiété)… Peut-être revient-il à notre époque (c&#8217;est au moins ma conviction profonde) de réaliser la synthèse, toute hégélienne, entre cette thèse et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=456&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/logo_economie_bleu_m.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-457" title="Economie" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/logo_economie_bleu_m.gif?w=468" alt="Economie"   /></a>En économie, notre époque vit le passage du paradigme marchand au paradigme noétique.</div>
<div style="text-align:center;">*</div>
<div style="text-align:justify;">Ailleurs, j&#8217;écrivais : &#8220;L&#8217;économie marchande (de l&#8217;enrichissement) s&#8217;inscrit comme antithèse face à cette thèse qu&#8217;était économie autarcique (de la satiété)… Peut-être revient-il à notre époque (c&#8217;est au moins ma conviction profonde) de réaliser la synthèse, toute hégélienne, entre cette thèse et cette antithèse.&#8221; Partons de là…<br />
J&#8217;écrivais aussi : &#8220;Les six dogmes qui définissent le paradigme marchand sont (…) : cupidité, pillage, marchandisation, bêtise, mercantilisme et quantité&#8221;.<br />
Le présent article postule l&#8217;émergence d&#8217;un nouveau paradigme économique, non pas &#8220;contre&#8221; mais &#8220;au-delà&#8221; de l&#8217;ancien paradigme marchand. Il faudra donc, ici, montrer en quoi ses dogmes sont obsolètes (même s&#8217;ils ont pu être féconds) et décrire par quels nouveaux dogmes les remplacer.</div>
<p><span id="more-456"></span></p>
<div style="text-align:justify;">
<p>Les signes d&#8217;obsolescence, d&#8217;abord…</p>
<p>Cupidité…<br />
Comment définir cette cupidité qui ronge nos sociétés, toutes classes sociales confondues, depuis que l&#8217;humanisme a triomphé et que l&#8217;homme est entrer en narcissisme et en nombrilisme comme on entre dans les ordres ? Comme un sous-produit de la Modernité ? Assurément. Comme une réponse aux peurs ataviques de perdre ou de manquer ? Sans doute. Comme fruit d&#8217;une insatiable gourmandise ? Certainement. Ceux qui se prétendent psychologues ont certainement des théories ad-hoc sur le sujet. Je ne sais pas si la cupidité peut se soigner, mais il y a urgence, docteur.<br />
A déjà été évoqué ailleurs ce cercle vicieux qui a conduit la Modernité récente : croissance, investissement, endettement. Consommer, payer, emprunter. Règne absolu et tyrannique de la finance. L&#8217;argent-but. L&#8217;argent-roi. L&#8217;argent-dieu. Il ne s&#8217;agit pas, ici, de reprendre les sempiternelles litanies romantiques de dénigrement de l&#8217;argent. Il s&#8217;agit juste de reposer la question de la richesse et de l&#8217;enrichissement, et de faire le procès de cette incroyable myopie qui a fait de la seule richesse monétaire, financière et comptable, le tout de la richesse.<br />
Un postulat est acceptable : face à la peur des appauvrissements, l&#8217;homme cherche des enrichissements. On notera les pluriels : appauvrissements et enrichissements. Car s&#8217;il est trivial de prétendre qu&#8217;il n&#8217;est pas d&#8217;appauvrissement que financier et qu&#8217;il est d&#8217;autres formes d&#8217;appauvrissement dramatiques &#8211; appauvrissement de la santé, de la mémoire, de la vivacité d&#8217;esprit, du lien affectif, etc… -, il devrait être tout aussi trivial de clamer qu&#8217;il est bien d&#8217;autres formes d&#8217;enrichissement que celles de l&#8217;avoir, que celle de la possession matérielle, que celle de l&#8217;accaparement de tout ce qui traîne, inutile, sur les marchés.<br />
La cupidité est l&#8217;inextinguible soif d&#8217;enrichissement par l&#8217;avoir. La cupidité est délétère. Elle fait passer à côté de la vie. Elle rend aveugle à la joie de vivre. Elle confond &#8211; sciemment, diaboliquement, machiavéliquement &#8211; joie et plaisir : joie d&#8217;être et de devenir et plaisir (éphémère et futile, amer souvent) de posséder ce qui n&#8217;avait d&#8217;intérêt que comme fruit du désir avant possession.<br />
Cette cupidité-là est de l&#8217;infantilisme, du narcissisme, du nombrilisme. Elle est létale puisqu&#8217;elle tue la vie réelle et enferme celui qu&#8217;elle possède dans un univers impatient de course perpétuelle au désir, à l&#8217;envie, à la jalousie. Car là est le point essentiel : c&#8217;est la cupidité comme désir de possession, qui nous possède, qui nous asservit, qui nous rend esclave de ses scintillements, de ses pacotilles, de ses verroteries. N&#8217;est-il pas temps que l&#8217;humanité entre dans l&#8217;âge adulte et cesse de croire à tous les pères Noël économiques et technologiques ? Car ma conviction est profonde que, globalement, depuis la révolution néolithique de l&#8217;agriculture et de l&#8217;élevage, de la métallurgie et de la religiosité, l&#8217;homme, jusqu&#8217;alors petit enfant effrayé par un monde sauvage et dangereux, est entré en adolescence avec toutes les fragilités, les inconstances, les complexes, les puérilités, les caprices, les orgueils et les arrogances  que cela comporte. La révolution noétique qui se dresse aujourd&#8217;hui face à nous, est le signe qu&#8217;une seuil crucial doit être franchi, que l&#8217;âge adulte de l&#8217;humanité peut s&#8217;ouvrir, que l&#8217;adolescence se termine (dans une certaine douleur, comme toujours et chacun), avec déjà une goutte de nostalgie pour l&#8217;innocence d&#8217;antan. Les spécialistes de cet âge fragile le savent bien, lorsque l&#8217;heure est venue, il n&#8217;y a que deux voies pour sortir de l&#8217;adolescence : devenir adulte pour s&#8217;assumer et devenir autonome, ou se suicider &#8211; c&#8217;est-à-dire fuir &#8211; par la corde ou par la came. Ces deux voies sont aujourd&#8217;hui ouvertes devant les pas de l&#8217;humanité.</p>
<p>Pillage…<br />
Toujours plus. Jamais assez. Croissance. Croissance encore. Croissance toujours. Comme si un arbre pouvait croître indéfiniment, jusqu&#8217;à Dieu seul sait quel ciel. La croissance économique serait, dit-on, la seule réponse possible à la croissance démographique. Faux. Elle est une réponse impossible comme est impossible la croissance démographique. Les ressources naturelles dont tout &#8211; oui, je dis bien tout ! &#8211; dépend, sont non seulement limitées en volume, mais en décroissance rapide. Rappelons que l&#8217;activité humaine a consommé ou détruit 80% des ressources naturelles non renouvelables en moins d&#8217;un siècle et demi. Rappelons aussi que lorsque toute l&#8217;énergie fossile sera épuisée et qu&#8217;il nous faudra vivre sur Terre alimentés seulement par l&#8217;énergie de mauvaise qualité du rayonnement solaire, seuls un milliard et demi &#8211; au mieux &#8211; d&#8217;humains pourront survivre. Nous sommes donc déjà 5,5 milliards de trop et nous seront 8,5 milliards de trop en 2050. Le cri d&#8217;alarme de 1972 : &#8220;Halte à croissance&#8221;, ne s&#8217;adresse plus seulement à l&#8217;économique mais aussi au démographique. Il est temps d&#8217;entrer en néo-malthusianisme comme on entrerait en religion. En son temps, Malthus (1766-1834) avait tort dans son modèle car il ne disposait pas de chiffres valides et il ne pouvait imaginer le bond en avant des sciences et technologies aux 19ème et 20ème siècles. Mais il avait raison dans son principe. Et il ne faudra plus, comme certains le disent, croire que les technologies à venir vont faire tous les miracles : en matière de thermodynamique, il n&#8217;y a jamais de miracle. On ne crée jamais de l&#8217;énergie (puisqu&#8217;elle se conserve et ne fait que se transformer) et, quoique l&#8217;on fasse, l&#8217;entropie croît c&#8217;est-à-dire que tout se dégrade et meurt &#8211; humanité et Terre et système solaire compris.<br />
Au fond, il n&#8217;y a plus que deux postures philosophiques possibles : ou bien clamer : &#8220;après moi, les mouches&#8221;, ou bien vivre autrement, agir autrement, penser autrement. Si le pillage éhonté de la Terre et de ses ressources naturelles, tant minérales que vivantes, continue, en deux générations la race humaine sera éteinte… et ce ne sera pas une grande perte… sauf que mes petits-enfants feront partie des sacrifiés à nos caprices débiles de sales enfants gâtés.<br />
L&#8217;heure n&#8217;est plus à l&#8217;écologie molle, à l&#8217;écologie &#8220;sociale&#8221;, à l&#8217;écologie politicienne squattée et phagocytée par les nostalgiques des gauchismes des années 1960 et 1970, par les déçus du marxisme et du communisme. L&#8217;heure est à l&#8217;écologie dure. A l&#8217;écologie profonde. L&#8217;heure est au changement radical d&#8217;attitude et à l&#8217;antihumanisme : ce n&#8217;est pas la Vie qui est faite pour servir l&#8217;homme mais l&#8217;homme qui est là pour servir la Vie… et l&#8217;Esprit qui émerge d&#8217;elle. L&#8217;homme n&#8217;a jamais été mais ne pourra plus jamais être la mesure de toutes choses.</p>
<p>Marchandisation…<br />
Non, tout n&#8217;a pas un prix. Non, tout n&#8217;est pas à vendre. Non, tout n&#8217;est pas achetable. Il n&#8217;y a que les cyniques pour pouvoir faire semblant de croire en ces inepties nauséabondes. Et je présente mes excuses à Diogène de Sinope pour devoir &#8211; parce que le langage est ainsi devenu &#8211; utiliser le beau nom de la philosophie cynique pour parler de ce qui n&#8217;est, en somme, qu&#8217;une déficience de l&#8217;esprit et de l&#8217;intelligence.<br />
Non, tout n&#8217;est pas marchandise. Non, tout n&#8217;est pas &#8220;marchadisable&#8221;. Par morale ? Non. Par nature. Ne peut est vendu ou acheter que ce qui peut être transmis, que ce qui peut être possédé. Et tout ne l&#8217;est pas, loin s&#8217;en faut.<br />
Des exemples ? Les mémoires, les talents, les intelligences, les savoir-faire, les renommées, les émotions, les sentiments, la sagesse, la connaissance (au sens initiatique et spirituel, loin des savoir mis en conserve et des discours de salon).<br />
Il est assez facile de comprendre que la marchandise n&#8217;est marchandise que parce qu&#8217;elle a un prix, que parce qu&#8217;il existe un marché (d&#8217;où son nom) où elle peut être échangée contre de l&#8217;argent (ou toute autre forme de contrepartie monétaire). La marchandise n&#8217;est telle que parce qu&#8217;elle est comptabilisable. Et tout n&#8217;est pas quantifiable, monétisable et comptabilisable. Que du contraire.<br />
Hyper-marchandisation et hyperconsommation vont évidemment de pair. Pour que la consommation puisse croître et croître encore, il faut que de plus en plus de &#8220;choses&#8221; (matérielles ou non) puissent être vendues et achetées, échangées, appréciées (dotées d&#8217;un prix, donc). L&#8217;envie est donc énorme, dans le chef des cupides, de tout &#8220;marchandiser&#8221;. Et là, maintenant, ils commencent à se heurter à un mur épais et dur : celui du non comptabilisable. Le mur d&#8217;acier de ce qui n&#8217;est jamais transmissible… et qui, ce n&#8217;est pas un hasard, fait la force et la beauté et l&#8217;intérêt de la vie. On peut vendre du plaisir &#8211; c&#8217;est d&#8217;ailleurs un commerce aussi juteux que vicieux -, mais on ne pourra jamais vendre de la joie. La joie, toujours, naît avec l&#8217;effort que l&#8217;on fait soi-même, contre soi-même, au-delà de soi-même … et ça, personne ne pourra jamais le faire à votre place. On peut payer quelqu&#8217;un pour lire un livre et le résumer en une page, mais on ne peut pas payer quelqu&#8217;un pour vivre, penser, ressentir ce livre à votre place, pour y trouver, au hasard d&#8217;un mot, d&#8217;une phrase, d&#8217;une idée, du grain intellectuel ou spirituel ou esthétique à moudre, à ruminer. Personne ne pourra jamais humer, goûter, déguster à votre place, même contre de pharamineuses sommes d&#8217;argent. Personne ne pourra jamais aimer, haïr, s&#8217;extasier, méditer, contempler, inventer, choisir, élire,  faire l&#8217;amour, etc… à votre place. Ce qui se vit, ne se vend pas. Ce qui se vend, ne se vit pas. Songez-y, cher lecteur. Songez-y bien profondément.</p>
<p>Bêtise …<br />
On l&#8217;a vu, la Modernité a débouché, par les méandres de l&#8217;histoire, sur une étonnante incongruité : pour que le système tourne bien (tant économiquement que politiquement), il est préférable que la grande majorité  &#8211; les clients, les électeurs &#8211; ne pense pas trop et soient suffisamment docile, mentalement, pour acheter et voter sans trop réfléchir. Et ça marche ! La bêtise des masses est un fonds de commerce juteux pour tous les candidats tyranneaux, que ce soit dans les usines ou dans les isoloirs.<br />
Mais  cette apologie &#8211; cynique et rentable &#8211; de la bêtise des masses débouche sur un prix à payer : il faut que les rouages de la machine économique et de la machine politique (étatique, donc) soient parfaitement standardisés, procéduralisés, normalisés et formatés. Plus besoin alors de réfléchir : si… alors… sinon… Et le tour est joué.<br />
En économie cela donne : si le PIB croît, alors vous aurez plus sous, sinon vous irez au chômage…<br />
En politique : si vous êtes de gauche, alors vous voterez socialiste, sinon vous êtes un détestable facho…<br />
Car, bien sûr, la bêtise est toujours simpliste et réductrice. Pour mener des troupeaux à l&#8217;abattoir, il faut leur parler simple. Hue ! Dia ! Ho !<br />
Mais, toujours autant en économie qu&#8217;en politique, le simplisme a une limite car il engendre de la complication, de plus en plus lourde, de plus en plus lente, de plus en plus étouffante et irrespirable. Le phénomène est bien connu : lorsque le contexte monte en complexité, la procéduralisation des processus devient très vite contre-productive. Elle n&#8217;est efficace que dans les mondes élémentaires et stables, où tous les cas possibles sont prévisibles et où toutes les réponses possibles à tous ces cas sont programmables. Mais notre monde humain connait un saut énorme de complexité avec la révolution noétique, depuis une bonne trentaine d&#8217;années. Soutenue par la révolution numérique et l&#8217;explosion exponentielles des techniques, méthodes et outils informatiques et télécommunicationnels, la densité des relations et des canaux d&#8217;interactions entre les humains, même les moins doués, a été centuplé au moins. Or, la densité relationnelle et interactive est précisément une mesure pertinente du niveau de complexité d&#8217;un système. La démonstration coule dès lors de soi : ce saut de complexité entraine, forcément, l&#8217;obsolescence des doctrines fondées sur la procéduralisation, la hiérarchisation, la normalisation, la planification, le formatage et la programmation. Bref, les sociétés et organismes, institutions et entreprises, fondés naguère sur la bêtise vont disparaître &#8211; elles disparaissent déjà à vive allure, du reste&#8230; et la crise économique en est le grand balayeur (<em>krisis</em>, en grec, signifie &#8220;jugement, tri, arbitrage&#8221;…)</p>
<p>Mercantilisme…<br />
J&#8217;avais esquissé une définition quasi philosophique du mercantilisme en le présentant, au-delà des sens techniques et historiques qu&#8217;il a reçus, comme la philosophie centrale de cette fin de Modernité construite sur l&#8217;industrialisation et la financiarisation généralisées. Disons, pour faire simple, que le mercantilisme est à l&#8217;économie ce que le darwinisme est à la biologie.<br />
Le sacro-saint dogme libéral de la &#8220;main invisible&#8221; d&#8217;Adam Smith qui postule la régulation des marchés par les mécanismes généralisés de la concurrence, est le pendant économique de la régulation darwinienne des espèces par la compétition pour la survie.<br />
Et s&#8217;il n&#8217;en était pas ainsi ? Et si cette régulation par la concurrence n&#8217;était que la toute petite partie émergée de l&#8217;iceberg ? Et si notre monde complexe rendait cette régulation inadéquate et inefficace pour la simple raison que, pour que la concurrence puisse jouer, il faut deux choses de plus en plus rares : de la prévisibilité et de la durée ?<br />
Dans nos marchés turbulents et effervescents, dans nos brouillards informationnels, dans ce monde tellement complexe et sophistiqué qu&#8217;il en devient toujours plus incertain et plus imprévisible, dans ce monde où tout va de plus en plus vite, où les cycles d&#8217;obsolescence se raccourcissent à vue d&#8217;œil, c&#8217;est bien la prévisibilité et la durée qui manque le plus !<br />
Exit donc la régulation par la concurrence.<br />
Aujourd&#8217;hui, la concurrence est plus nocive que régulatrice. Elle détruit des pans entiers de l&#8217;économie réelle au profit d&#8217;intérêts spéculatifs à court terme. Le jeu de la grande distribution est à ce titre très éclairant. Les modes montantes – et un peu angéliques &#8211; de l&#8217;économie durable ou du commerce équitable le traduisent quotidiennement.<br />
L&#8217;économie, comme tous les autres domaines d&#8217;activités et de connaissances, doit sortir du ghetto de sa vision mécaniste et réductrice. Ici aussi Descartes est enfin mort.<br />
A la vision mécaniste horlogère, déterministe et réductrice du monde, doit se substituer, se substitue déjà, une vision organique, holistique, globalisante, métaphorique, systémique, non-déterministe (donc créatrice, volontariste, libre). Bref le monde redevient vivant et les sciences de la vie sont une source inépuisable d&#8217;inspiration pour la pensée économique et managériale.<br />
Qu&#8217;on se le dise bien une fois pour toute : il n&#8217;y a pas de lois économiques comme il n&#8217;y a pas de science managériale. La main invisible s&#8217;est paralysée et se momifie. Aux régulations négatives se substituent déjà des régulations positives !<br />
Laissons le mot de la fin à Fritjof Capra : &#8220;En fin de compte, les agresseurs se détruisent toujours entre eux, laissant la place à ceux qui savent coopérer et s&#8217;entendre. La vie est bien moins un combat pour la survie qu&#8217;un triomphe de la coopération et de la créativité&#8221; .</p>
<p>Quantité…<br />
Faut-il encore y insister ? Depuis Galilée, les mathématiques sont devenues le langage par excellence de la connaissance sérieuse. Tout ce qui n&#8217;est pas mathématisable est méprisable. La mathématisation est le critère définitif et absolu de la scientificité. Et ce qui n&#8217;est pas mesurable, n&#8217;est pas quantifiable, donc n&#8217;est pas mathématisable, donc n&#8217;est pas sérieux. Quantifions, donc. Et les économistes  ne s&#8217;en sont pas privés eux qui, depuis un demi siècle, s&#8217;échinent à vouloir, tellement en vain, faire entrer l&#8217;aléatoire et l&#8217;irrationalité des décisions humaines dans le moules simplistes et un peu ridicules de leurs équations (et c&#8217;est un physicien théoricien qui écrit ces lignes !).<br />
Jusqu&#8217;il y a peu, la seule image sérieuse d&#8217;une entreprise était sa comptabilité. Tout ce qui n&#8217;était pas comptabilisable, faisait figure de hochet conceptuel, mi-gamin, mi-crétin.<br />
Je me souviens parfaitement de ce slogan, de ce leitmotiv mille fois entendu et ânonné durant mon MBA  (il y a si longtemps…) : &#8220;Ce qui n&#8217;est pas mesurable, n&#8217;est pas planifiable. Ce qui n&#8217;est pas planifiable, n&#8217;est pas gérable&#8221;. Quel crétinisme ! Quelle pauvreté !<br />
C&#8217;est encore l&#8217;actuelle révolution noétique qui en force la démonstration puisqu&#8217;elle réintroduit dans le management des activités économiques des notions aussi peu quantifiable que stratégiques comme l&#8217;intelligence, le talent, le savoir-faire … bref, le génie humain. Comment le quantifier ? Du temps où le système tournait mécaniquement alimenté par la bêtise des masses, tout pouvait être quantifié, du moins en apparence. Mais aujourd&#8217;hui, le client est bien informé et formule des exigences inouïes, et le collaborateur est prié d&#8217;inventer des solutions (et non plus de fabriquer des produits) qui satisfassent cet emm…deur de client. Tout fout le camp, ma pauv&#8217; dame …<br />
Si, à tout cela, on ajoute que la complexité ambiante induit une incertitude croissante qui rend impossible la plupart des planifications et qui, en conséquence, oblige à fonctionner, de plus en plus souvent, en mode &#8220;improvisation&#8221;, on comprend l&#8217;embarras des acharnés de la quantification.<br />
Le qualitatif est en train de rattraper et de surmonter le quantitatif. Les exigences de qualité (toutes les qualités, celle des produits et des services, mais aussi celle de la vie et du travail) montent en puissance et les équations explosent en vol. Que valent le plaisir, l&#8217;idée, le génie, le bonheur, toutes ces choses qualitatives et inquantifiables qui forment le cœur d&#8217;exigence de la plupart de nos contemporains (donc de nos clients et collaborateurs, donc de nos militants et électeurs) ?<br />
Le mécanicisme déterministe vole en éclat et réduit à néant les rêves cartésiens de réductionnisme et d&#8217;analycisme. Bref, pour revenir sur terre économique, la comptabilité (nationale ou d&#8217;entreprise) comptabilise de moins en moins de choses essentielles et, même si elle garde un intérêt réel pour la part quantifiable des économies, celle-ci se réduisant comme peau de chagrin, elle est forcée de rendre la main, d&#8217;avouer son impuissance et de céder le pas à d&#8217;autres méthodes d&#8217;évaluation des performances économiques d&#8217;un pays (cfr. le travail que la commission Stiglitz a réalisé pour le Ministère des Finances à Bercy) ou d&#8217;une entreprise (cfr. Les travaux de la DG-Entreprises de la Commission européenne).</p>
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<p>Les valeurs émergentes pour remplacer les dogmes anciens, ensuite…</p>
<p>Face à la cupidité… la SAGESSE.<br />
On l&#8217;a bien vu, la cupidité est un esclavage, la sagesse commande de s&#8217;en libérer pour reconstruire, chacun, sa propre autonomie de vie. Il ne s&#8217;agit pas de prôner les macérations du renoncement et de l&#8217;austérité, de faire partout, en tout, vœu de pauvreté. Laissons cela aux mystiques. La plupart d&#8217;entre nous n&#8217;en aurait ni la force, ni le courage. Il s&#8217;agit de tout autre chose, plus à la portée de chacun d&#8217;entre nous. Il s&#8217;agit tout simplement de tracer, en soi, au plus profond de soi, la frontière délicate &#8211; et fluente &#8211; entre le nécessaire et l&#8217;accessoire, entre l&#8217;indispensable et le superflu. Il s&#8217;agit, on l&#8217;a compris, de se concentrer sur le nécessaire et l&#8217;indispensable et d&#8217;abandonner l&#8217;accessoire et le superflu. Bref, il s&#8217;agit de cultiver le fertile et de délaisser le futile.<br />
Au fond, cette sagesse de l&#8217;essentiel ressemble à s&#8217;y méprendre à une éthique qui ne déparerait guère à la vitrine des stoïciens ou des épicuriens : cultiver, contre la cupidité et ses démons, une ataraxia, une apathéïa que ces philosophes grecs, amoureux de sagesse et de la qualité de vie, de la joie et de la simplicité, ne désavoueraient pas .<br />
Beaucoup, dont moi, pensent que nous vivons une rupture majeure &#8211; une bifurcation &#8211; de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité. Une rupture aussi profonde que celles qui firent passer des cités grecque au monde romain, de l&#8217;empire romain au moyen-âge ou du moyen-âge à la modernité. Dans chacun de ces trois cas, la bifurcation économique et politique fut accompagnée d&#8217;une bifurcation noétique, d&#8217;une remise fondamentale en cause du paradigme ambiant, c&#8217;est-à-dire des valeurs, référentiels et modèles culturels qui était de mise &#8220;avant&#8221;. Cette bifurcation noétique, au 15ème siècle fut appelé &#8220;Renaissance&#8221; . Le mot est beau, digne d&#8217;un grand communicateur. D&#8217;aucuns n&#8217;hésitent pas à le reprendre pour qualifier notre époque ainsi que les bifurcations majeures qu&#8217;elle vit.<br />
Cette nouvelle sagesse, tant attendue et si indispensable, est déjà là. Elle s&#8217;exprime dans une myriade de petites communautés de recherche philosophique et spirituelle, souvent assez éloignées des religions institutionnalisées. Elle est peu formalisée, vivante et évolutive, protéiforme et foisonnante. Elle se construit sur que j&#8217;ai appelé ailleurs l&#8217;intériorisation de la vie, c&#8217;est-à-dire la réappropriation, par les individus, du sens et de la valeur de leur existence. Cet effort philosophique et spirituel est vital !</p>
<p>Face au pillage… la FRUGALITE.<br />
La parcimonie ou la sobriété, autrement dit : faire beaucoup mieux avec beaucoup moins (cf. Mon <em>Principe Frugalité</em>, Dangles, 2010). Deux remarques sur cette définition de la frugalité. Primo : il est prescrit de faire mieux avec moins c&#8217;est-à-dire plus de qualité avec moins de quantité. Nous retrouverons ce thème plus loin. Secundo : pour faire mieux avec moins, il faut mobiliser beaucoup d&#8217;intelligence. Nous y reviendrons aussi plus loin. Notons seulement que le gaspillage et la bêtise vont de pair, et que nous n&#8217;avons plus aucun droit, en cette ère de pénurie, à la nonchalance, à la négligence, au laisser-aller. Notre attention doit être de tous les instants à veiller à nos ressources et à leur meilleur usage. Par exemple, nous n&#8217;avons plus le droit de jeter ou de détruire, comme déchet ou comme rebut, tout ce qui gène notre paresse.<br />
La frugalité dessine un art de vivre, un art de la joie de vivre, un art de se construire, en tout, de la joie de vivre. La leçon de base, cruciale, augurale, est celle-ci : contrairement à ce que les idéologies et les religions nous serinent depuis si longtemps, le bonheur ne vient jamais de l&#8217;extérieur. Toutes ces choses que nous achetons, consommons, amassons sont des ersatz qui ne visent qu&#8217;à masquer notre vide intérieur, notre incapacité à être et à devenir.<br />
Nous consommons trop. De tout. A commencer par notre temps que nous investissons, comme s&#8217;il n&#8217;était pas terriblement limité, dans des multitudes d&#8217;activités inutiles, stériles, futiles.</p>
<p>Face à la marchandisation… la DEMATERIALISATION.<br />
Reprenons cette phrase que j&#8217;ai la faiblesse de croire pertinente : &#8220;Il est assez facile de comprendre que la marchandise n&#8217;est marchandise que parce qu&#8217;elle a un prix, que parce qu&#8217;il existe un marché (d&#8217;où son nom) où elle peut être échangée contre de l&#8217;argent (ou toute autre forme de contrepartie monétaire). La marchandise n&#8217;est telle que parce qu&#8217;elle est comptabilisable. Et tout n&#8217;est pas quantifiable, monétisable et comptabilisable. (…) Ce qui se vit, ne se vend pas. Ce qui se vend, ne se vit pas.&#8221;<br />
L&#8217;économie marchande se fonde sur ce qui a une valeur d&#8217;échange quelque part sur un marché quelconque, dans une niche, aussi étroite soit-elle. Mais notre époque découvre deux vérités essentielles.<br />
La première est que la valeur d&#8217;échange (la valeur commerciale, le prix) n&#8217;est rien et que la valeur d&#8217;usage est tout (l&#8217;utilité réelle, la durabilité réelle, la praticité réelle, bref ce que l&#8217;on vit et non ce que l&#8217;on possède).<br />
D&#8217;aucuns, à juste titre, me semble-t-il, parle d&#8217;un passage de la société de consommation à la société de participation. Par là ils signifient un passage de l&#8217;acquis au vécu, un passage de l&#8217;avoir à l&#8217;être et au devenir, un passage du prix à l&#8217;utilité, un passage de l&#8217;usure à l&#8217;usage, etc. La finalité de l&#8217;économie en général et de toutes les entreprises qui la composent, est de fournir de la valeur d&#8217;usage : l&#8217;obsession ne doit plus jamais être les dividendes des actionnaires, mais la satisfaction durable des utilisateurs. J&#8217;insiste sur la notion de &#8220;satisfaction durable&#8221; car elle se distingue radicalement du plaisir ressenti, parfois fortement, d&#8217;acheter et de posséder. On l&#8217;a bien compris, ce n&#8217;est pas de cette satisfaction éphémère et futile dont je parle.<br />
La seconde vérité essentielle qui émerge peu à peu est que, pour de plus en plus de denrées matérielles ou immatérielles, le principal n&#8217;est pas de les posséder toujours, mais d&#8217;y avoir accès, aisément, chaque fois que nécessaire. La multiplication idiote des tondeuses à gazon dans un quartier résidentiel en est une belle illustration : chacun possède sa propre tondeuse (de qualité et de durée de vie très moyenne parce que le prix serait trop élevé, sinon) qui ne tourne qu&#8217;une heure par semaine, quatre mois par an, au mieux (soit 18 heures par an), alors qu&#8217;un peu d&#8217;intelligence collective conduirait soit à acquérir en copropriété un bon engin professionnel, efficace et robuste, que chacun utiliserait à tour de rôle, 30 à 40 minutes au lieu de 60, soit à payer un &#8220;tondeur&#8221; professionnel qui viendrait avec son engin entretenir toutes ces sacro-saintes pelouses. Le bilan économique, financier et écologique pour les usagers est évidemment positif dans les deux cas de figure (faites les calculs, vous verrez). Pourquoi ne le fait-on pas plus souvent, dès lors ? Autre exemple : le savoir. Aujourd&#8217;hui, grâce à la Toile, le problème n&#8217;est plus d&#8217;emmagasiner des savoirs (les têtes bien pleines de Montaigne) mais de savoir où trouver ces savoirs (les têtes bien faites). Ne plus savoir, mais savoir qui sait. Le problème est moins gnoséologique que méthodologique.<br />
Ces deux exemples montrent qu&#8217;il s&#8217;agit donc moins de posséder une chose ou une connaissance que d&#8217;y avoir librement et aisément accès. On comprend que cela change tout. On comprend aussi que, dans ces deux petits exemples parmi des myriades, on dématérialise la &#8220;denrée économique&#8221; (tondeuse ou savoir) en la remplaçant par un &#8220;accès&#8221;, c&#8217;est-à-dire un chemin d&#8217;usage dématérialisé. Et l&#8217;on comprend encore que les fabricants de tondeuses auront à choisir : ou bien fabriquer plus de bonnes et grosses tondeuses durables, ou bien disparaître. Le volume global du marché des tondeuses va s&#8217;effondrer, mais un marché émergent va parallèlement surgir : le marché des accès à de la tonte de pelouses. On est passer de la marchandise à la solution.</p>
<p>Face à la bêtise… l&#8217;INTELLIGENCE.<br />
On a compris que le pari majeur de la logique marchande est l&#8217;abêtissement des masses afin de mener le troupeau vers plus de consommation de denrées de plus piètre qualité afin d&#8217;augmenter les volumes (la sacro-sainte croissance) et les marges financières, c&#8217;est-à-dire les dividendes des actionnaires. L&#8217;économie noétique fera le pari inverse en posant, tout simplement, que la valeur d&#8217;une denrée, bien ou service ou accès, ou d&#8217;une entreprise vient de son contenu immatériel, c&#8217;est-à-dire de l&#8217;intelligence que l&#8217;on y injecte. N&#8217;y revenons pas, mais rappelons que la notion d&#8217;intelligence est à prendre ici dans son sens le plus large (conceptuelle, intuitionnelle, émotionnelle, relationnelle, manuelle et… spirituelle pour relier les choses, les êtres et les actes à ce qui donne sens).<br />
Faire le pari des l&#8217;intelligences contre le pari de la bêtise. Cela ne signifie aucunement un angélisme béat qui supposerait que tout-à-coup, comme par miracle, les hordes de crétins qui hantent ce monde, serait devenus géniaux. Non. Il s&#8217;agit plus prosaïquement, plus modestement, plus profondément, de faire tout ce qu&#8217;il faut pour que les parcelles ou étincelles d&#8217;intelligences ou de talents, voire de génies, qui existent partout, soient valorisées c&#8217;est-à-dire mises en évidence, utilisées, exploitées comme autant de trésors &#8211; même petits. Regardez ce que font les gens pendant leurs loisirs : ils exploitent leurs talents … et parfois &#8211; par toujours, loin s&#8217;en faut &#8211; cela donne des merveilles. Encore une fois, pas d&#8217;angélisme. Parmi les toiles des peintres du dimanche, la plupart sont des croûtes. Mais il en suffit d&#8217;une. Mais il suffit de croire que ces fabricants de croûte, convenablement formés et entraînés, finiraient par produire des tableaux tout-à-fait acceptables, susceptibles d&#8217;orner des murs aujourd&#8217;hui sales ou tagués, c&#8217;est-à-dire laids.<br />
L&#8217;idée fondamentale qui sous-tend tout ceci est claire : les matériaux, les énergies, les matériels et les matières participant tous d&#8217;une logique de pénurie et, donc, se raréfiant, l&#8217;économie de demain ne sera plus jamais massive, lourde, pesante : elle aura la valeur, le prix, la légèreté et le génie des idées qu&#8217;elle véhiculera. Il ne s&#8217;agit évidemment pas de croire que les chaussures ne seront plus nécessaires et que l&#8217;industrie de la chaussure disparaîtra ; il s&#8217;agit plutôt d&#8217;affirmer que les chaussures de demain demanderont peu de matières chères et rares (elles seront faites de matériaux recyclés) mais, surtout, qu&#8217;elles seront inusables, légères et parfaitement adaptées à l&#8217;usage que chacun en fera, à sa mode, à sa mesure. L&#8217;industrie de la chaussure de masse sera largement remplacée par un tissu de chausseurs et de cordonniers qui vous fabriquerons VOS chaussures à vous, inusables et légères, exactement comme vous les souhaitez : leur prix, quel qu&#8217;il soit, sera dérisoire par rapport à l&#8217;usage que vous pourrez en faire. C&#8217;est cela &#8220;faire le pari de l&#8217;intelligence&#8221;.</p>
<p>Face au mercantilisme… le SYMBIOTISME.<br />
Par mercantilisme, j&#8217;entendais cette philosophie qui alimentait globalement la logique marchande : le darwinisme économique.<br />
Le dogme darwinien repose que l&#8217;idée centrale que la régulation de l&#8217;évolution des espèces a pour moteur le seul hasard. Mais l&#8217;expérience montre que les mutations dues au hasard sont toujours négatives c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elles produisent toujours des malformations défavorables et non des innovations favorables. Autrement dit, le hasard ne produit jamais de néguentropie, ce qui semble logique puisque l&#8217;entropie est le fruit naturel et général du hasard. Wallace, le spiritualiste, qui avait coécrit avec Darwin le premier article sur l&#8217;hypothèse de la sélection naturelle, en proposa un autre moteur : &#8220;l&#8217;esprit de la nature&#8221;. En termes actuels, et sans devoir recourir ni à de mystérieux dei ex machina, ni à quelque arrière-monde que ce soit, cette notion d&#8217;esprit de la nature peut simplement s&#8217;identifier à la notion d&#8217;intention intrinsèque et immanente qu&#8217;a la nature d&#8217;explorer et d&#8217;exploiter tous les possibles. Retenons cette idée cruciale d&#8217;intention à substituer à cette poubelle de nos ignorances que nous appelons &#8220;hasard&#8221;.<br />
La fin du darwinisme économique débouche, entre autres, sur deux idées fortes qui, ensemble, constitue le socle de ce que j&#8217;appelle, ici, le symbiotisme.<br />
La première idée pose un grand principe noétique de base : une idée ne prend de valeur d&#8217;usage et d&#8217;efficacité qu&#8217;en étant partagée et en devenant norme. Pour cela, elle doit proliférer au plus vite de cerveaux en cerveaux qui vont se l&#8217;approprier, la triturer, l&#8217;enrichir et la renvoyer plus loin. En ce sens, plus elle est gratuite, plus elle se propage rapidement. Dont acte : partage et gratuité des idées, des savoirs et des connaissances.<br />
Pratiquement, cela implique la déconnexion totale des centres de production et de création des idées (la sphère noétique, donc, ou noosphère) d&#8217;avec l&#8217;économique et le politique.<br />
Les centres de recherche et d&#8217;innovation, d&#8217;invention et de création, doivent être autonomes et accessibles. Cela implique d&#8217;autres circuits de financement et de rémunération des créateurs et des experts. Cela implique que nos sociétés, abruties de mercantilisme et d&#8217;hyperconsommation, passe d&#8217;un budget global actuel de 2 ou 3% du PIB en recherche et création, à un budget de l&#8217;ordre de 20% du PIB. Cela implique l&#8217;abandon de chimères juridiques telles que la &#8220;propriété intellectuelle&#8221; : une idée n&#8217;appartient à personne et appartient à tout le monde. La relativité n&#8217;appartient pas à Albert Einstein.<br />
A qui appartient une idée : à celui qui la formule ? à celui qui la finance ? à &#8220;l&#8217;air du temps&#8221; qui la véhicule ? à tout le monde ? à tous ces disparus qui, au long de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité, ont apporté chacun leur petite contribution à ce qui s&#8217;épanouit aujourd&#8217;hui ?<br />
La seconde idée : L&#8217;alliance symbiotique en réseau … C&#8217;est bien la réponse que commencent à donner les tissus économiques aux désastreuses destructions de l&#8217;économie mercantiliste et spéculative. Au-delà de la concurrence toujours stupide, toujours guerrière (&#8220;à l&#8217;issue d&#8217;une guerre , il n&#8217;y a que des ruines et des perdants&#8221;), toujours prédatrice, se substituent peu à peu des processus plus subtils, plus complexes, plus riches de coopération, de partenariat, de grappage, de &#8220;clustering&#8221;, de regroupement divers. Bref, on observe la montée en puissance et en force des réseaux économiques. Réseaux souples, protéiformes, impermanents. Réseaux forgés autour de valeurs, de projets, d&#8217;intérêts communs. Espaces de moindre concurrence où les synergies stimulent et décuplent les énergies au-delà des allergies.<br />
Mettons ensemble, pour finir ce paragraphe, les trois idées évoquées : l&#8217;intention comme moteur de convergence, de régulation et de coordination, la gratuité noétique comme ferment de la fécondité et de la valeur et la symbiose entrepreneuriale comme lieu des interfécondations et des synergies. Nous avons là les trois piliers de la nouvelle philosophie économique post-mercantiliste.</p>
<p>Face à la quantité… la QUALITE.<br />
La finalité profonde de toute économie n&#8217;est pas la richesse financière des actionnaires, mais l&#8217;enrichissement de la vie par la joie de tous. La performance économique n&#8217;est donc plus seulement affaire de quantités monétaires et d&#8217;indicateurs financiers ou comptables. Mais ne jetons pas le bébé avec l&#8217;eau du bain : ces indicateurs &#8211; lorsqu&#8217;ils sont bien pensés et bien adaptés, ce qui est rarement le cas aujourd&#8217;hui &#8211; sont utiles et doivent être utilisés pour évaluer certaines dimensions quantifiables et comptabilisables de l&#8217;activité économique. Ils sont parfois nécessaires, ils ne sont jamais suffisants.<br />
Il faudra donc bien que la nouvelle économie prenne acte du fait incontournable que le qualitatif prime le quantitatif et ce, de manière définitive. L&#8217;essentiel ne se mesure jamais avec des chiffres (ce qui ne veut pas dire, répétons-le, que certains chiffres ne sont pas pertinents). Et ce qualitatif n&#8217;envahit pas seulement la sphère technique des indicateurs de performance. Il forge notre nouveau art de vivre tissé de qualité de vie, de qualité du travail, de qualité des denrées (biens et services), de la qualité de l&#8217;air, de l&#8217;eau, du sol, de la lumière, de la qualité de tout ce qui nous entoure et qui nourrit nos vie à chaque seconde, même lorsque nous n&#8217;en prenons pas conscience.<br />
La qualité est ce qui rend nos existences plus belles, plus fécondes, plus joyeuses et cette qualité, que produisent les activités économiques, ne se mesure pas en chiffres.<br />
La qualité n&#8217;est plus seulement un mot, une idée, un concept ; elle est devenus une exigence. Puisque la quantité n&#8217;a plus de sens (car les logiques sont de pénurie et l&#8217;hyperconsommation est une absurdité délétère), la qualité s&#8217;avère vitale, essentielle, centrale. L&#8217;économie devient un immense processus à produire et à distribuer de la qualité. Une qualité frugale, c&#8217;est-à-dire une qualité plus grande pour une quantité moindre.<br />
Il y a là bien plus qu&#8217;un vœu ou qu&#8217;un souhait ou qu&#8217;une exigence ; il y a là un fondement nouveau pour l&#8217;économie qui vient !</p>
</div>
<div style="text-align:center;">*</div>
<div style="text-align:justify;">En synthèse, ces six valeurs émergentes ne sont pas que des vœux, mais bien d&#8217;impérieuses et vitales nécessités. L&#8217;économie est à l&#8217;humanité ce que le pain est au ménage : une question de survie. L&#8217;économie marchande s&#8217;éteint, non pour disparaître, mais pour se marginaliser, pour se périphériser. Elle continuera de produire et d&#8217;écouler des &#8220;commodités&#8221;, mais ce n&#8217;est plus d&#8217;elle que viendra la prospérité, c&#8217;est-à-dire, on le sait maintenant, la qualité de joie de vivre des hommes sur cette Terre.</div>
<div style="text-align:center;">*<br />
* *</div>
<p style="text-align:right;">Marc Halévy<br />
(Chapitre extrait de mon dernier manuscrit<br />
à paraître aux éditions Dangles)</p>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/economie/'>Economie</a> Tagged: <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/economie-2/'>économie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/economie-autarcique/'>économie autarcique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/economie-marchande/'>économie marchande</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/economie-noetique/'>économie noétique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/dematerialisation/'>dématérialisation</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/frugalite/'>frugalité</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/intelligence/'>intelligence</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/paradigme-marchand/'>paradigme marchand</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/paradigme-noetique/'>paradigme noétique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/qualite/'>qualité</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/sagesse/'>sagesse</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/symbiotisme/'>symbiotisme</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/456/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=456&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Les espaces de connectivité &#8211; Un inventaire des usages d&#8217;Internet, par Michel Cartier</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 14:44:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Cartier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[connectivité]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie participative]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie représentative]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
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		<category><![CDATA[usages]]></category>
		<category><![CDATA[village global]]></category>

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		<description><![CDATA[Poussé par l’idée que la mondialisation des produits et des clientèles aboutissait à celle des profits, nous avons vite accepté le concept du village global sans trop nous questionner. Probablement parce que ce concept était un symbole qui apporterait à tous un bien-être certain. Dans la société postindustrielle qui émerge, la vie quotidienne s’organisera à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=447&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/logo-internet.jpg"><img class="alignright  wp-image-452" title="Internet" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/logo-internet.jpg?w=200&h=240" alt="Internet" width="200" height="240" /></a>Poussé par l’idée que la mondialisation des produits et des clientèles aboutissait à celle des profits, nous avons vite accepté le concept du village global sans trop nous questionner. Probablement parce que ce concept était un symbole qui apporterait à tous un bien-être certain. Dans la société postindustrielle qui émerge, la vie quotidienne s’organisera à partir d’espaces de connectivité où le citoyen apprendra à s’impliquer dans des activités collectives qui redéfiniront une nouvelle façon de vivre ensemble.</p>
<p>Ces espaces permettront de définir une nouvelle logique, non pas de mondialisation mais de proximité. Cette approche veut nous faire passer d’une démocratie représentative (qui vient d’en haut) à une démocratie participative (qui vient d’en bas).</p>
<p><span id="more-447"></span></p>
</div>
<div style="text-align:center;"><strong>Les espaces de connectivité privés et personnels</strong></div>
<div style="text-align:justify;">
<p>Les crises qui commencent à se manifester exigent de la part de la société civile et des élites politiques et économiques des négociations autour d’un nouveau contrat social ; mais ces dernières ne veulent pas changer de modèle de peur de perdre leurs privilèges. Ces négociations débuteront donc à partir d’insatisfactions vécues dans ces espaces privés et personnels. D’intenses luttes de pouvoir s’annoncent donc à partir de ces espaces que nous devons mieux apprivoiser.</p>
<p>• On identifie six espaces de connectivité privés et personnels : la maison, la salle de classe, le bureau, l’automobile, l’espace public et le cyberespace. Pour le citoyen, ces aires d’activités deviennent des processus d’identification et d’apprentissage à sa société. Elles lui servent pour aller du local vers le mondial.</p>
<p>• Ces espaces sont des structures de médiation, c’est-à-dire des media hub qui multiplient les carrefours et les réseaux, complexifiant la nouvelle société qui devient ainsi postindustrielle.</p>
<p>• Ils privilégient les stratégies de communication montante (bottom-up) et cherchent à développer des espaces autogérés par les citoyens.</p>
<p>• Ces espaces sont suscités par les forts courants de personnalisation et de segmentation de la nouvelle génération Internet et de ses utilisateurs.</p>
<p>• Les contenus sont enracinés dans les activités quotidiennes ; ils sont directs et spontanés. Le citoyen devient moins spectateur et plus spect-acteur. C’est un premier niveau de responsabilisation.</p>
<p>• Cette nouvelle forme d’intelligence ambiante exige que les promoteurs des nouveaux services et contenus apprivoisent la logique d’utilisation de ces nouvelles plateformes devenant plus relationnelles.</p>
<p>• Elle exige de la part des citoyens d’importants changements de comportements d’où l’idée que c’est à ce niveau que débute le développement durable.</p>
<p>• L’actuelle prise de parole dans ces espaces devient une bataille d’opinions, c’est-à-dire une bataille stratégique vis-à-vis du pouvoir, de la part d’une société civile engagée dans des négociations avec les élites politiques et économiques.</p>
<ul>
<li><strong>Un nouvel univers technologique</strong></li>
</ul>
<p>Actuellement, nous passons d’un univers PC à un univers mobile. Ce nouvel univers se développe grâce à la rencontre des technologies mobiles, celles du Cloud et de l’utilisation de réseaux à larges bandes. Les trois caractéristiques sont une approche beaucoup plus intuitive (surtout pour des gens autrefois technophobes face au PC), des applications qui ne coûtent presque rien et une gratification immédiate pour l’utilisateur. On pense que dans trois ou quatre ans chaque personne se connectera aux réseaux à partir de six appareils différents, chacun adapté au besoin ou au moment. Ce sera un environnement banalisé (que les Américains appellent Calm  Technology).</p>
<ul>
<li><strong>Un nouvel univers participatif</strong></li>
</ul>
<p>Actuellement, les citoyens se détachent des institutions politiques créées durant l’ère industrielle. Toutes les sociétés sont donc confrontées à un défi majeur : comment susciter de nouvelles formes de participation politique à l’ère postindustrielle ?</p>
<p>En ce moment, la société civile se développe à partir de plusieurs strates : chacune étant une étape du processus participatif :<br />
1- La maison, la salle de classe, la place publique, l’automobile, etc. C’est-à-dire les espaces de connectivités privés/personnels qui deviennent le premier niveau d’implication citoyenne.<br />
2- Les collectivités locales comme les quartiers et les arrondissements, etc.<br />
3- Les mouvement sociaux et civiques comme les coopératives, les conseils scolaires, les réseaux d’entraide, les syndicats, etc.<br />
4- Les forums nationaux et internationaux.</p>
<p>Le processus postindustriel de reconstruction de la citoyenneté et de la démocratisation de la société passe par plusieurs étapes d’implication :<br />
• améliorer la qualité de  vie ;<br />
• renforcer la cohésion des tissus sociaux sur le territoire ;<br />
• mobiliser les énergies par une analyse de la vie quotidienne ;<br />
• encourager les gens à prendre la parole ;<br />
• ouvrir un lieu de dialogue avec le pouvoir.</p>
<p>Ces espaces vont prendre encore plus d’importance à cause de trois tendances :<br />
• le vieillissement de la population et l’émergence de nouveaux besoins (solitude, sécurité, etc.) ;<br />
• la volonté des gens qui veulent préserver leur style de vie en dépit de la mondialisation ;<br />
• un besoin de plus en plus pressant de coordonner les espaces privés avec les espaces publics.</p>
<p>Ces espaces font aussi surgir des défis qui n’ont pas encore trouvé de solution adéquate :<br />
• la crédibilité des contenus médiatisés par des « experts » trop souvent anonymes ;<br />
• la sécurité des données personnelles ;<br />
• des prises de parole citoyennes qui mettent en doute les décisions des élites politiques et économiques qui auront tendance à vouloir « contrôler » Internet.</p>
</div>
<p style="text-align:center;"><strong>Les espaces publics de connectivité</strong></p>
<div style="text-align:justify;">
<p>• On identifie six espaces publics de connectivité : les ministères, les hôpitaux, les universités, les banques, les centres commerciaux et les conglomérats médiatiques.</p>
<p>• En ce moment nous assistons aux premiers balbutiements d’une économie quaternaire qui prend son essor grâce aux TIC géo-localisées, mobiles et de haut débit, capables de répondre aux nouveaux besoins des consommateurs autrefois rebutés par les claviers des PC.</p>
<p>• Leurs fournisseurs professionnels de contenus et de services utilisent surtout une communication top down et, souvent automatisée, pour des audiences profilées.</p>
<p>• Les contenus offerts privilégient des liens contractuels et marchands.</p>
<p>• Cette réorganisation des services publics exige que les pouvoirs publics coordonnent les promoteurs, les ministères, les collectivités territoriales et les secteurs associatifs, qui devront œuvrer dans ces nouveaux réseaux.</p>
<p>• C’est grâce à la rationalisation de ces nouveaux usages que l’État pourra implanter et financer le haut débit que ces nouvelles  infrastructures exigent.</p>
<p>• Si les espaces de connectivité privés et personnels sont un monde de détails concrets et quotidiens, celui des espaces publics est un monde d’activités plutôt abstraites et à moyen terme.</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/article-michel-cartier-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-448" title="Article Michel Cartier (2)" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/article-michel-cartier-2.jpg?w=468&h=361" alt="Article Michel Cartier (2)" width="468" height="361" /></a>Pour mieux comprendre le schéma :</p>
<p>• Durant l’ère industrielle, de 1970 à l’an 2000, l’Internet 1 (à droite dans le schéma) s’implante partout sur la planète. Il se développe en pelures d’oignon : <em>mainframe</em>, mini et micro. Le rêve des pionniers d’alors était de placer un micro-ordinateur sur chaque bureau. C’est la période des PC axée sur l’utilisation des logiciels.</p>
<p>• Durant la même période (en bas dans le schéma) une société du spectacle s’organise autour des médias de masse, puis du multi media et des jeux électroniques. Et, parce que cette poussée médiatique numérise tous les médias (cinéma, radio, télévision et journaux) se crée un Internet 2 qui intègre alors tous les systèmes d’information de la société.</p>
<p>• Puis à partir de l’an 2000 (l’époque postindustrielle commence) s’ajoutent d’autres pelures : celle des tablettes et des appareils mobiles et plus récemment s’amorce l’ajout des objets « intelligents » et des robots (GPS, RFID, carte à puce, etc.). C’est la période du mobile axé sur les applications qui débute.</p>
<p>• Aujourd’hui l’Internet 2 comprend 30 0000 réseaux, 200 000 millions de sites, 1 milliard de téléviseurs, 2 milliards de micro-ordinateurs et de pads, et 5 milliards de smartphones, dont 1 milliard équipés pour prendre et diffuser des photos. Le tout utilisant les technologies du fil et du sans-fil (ou mobile).</p>
<p>• Deux caractéristiques technologiques marquent cette étape : le développement des technologies mobiles et celle du Cloud (pour le stockage des données).</p>
<p>• La prochaines étape verra l’organisation des espaces de connectivité à la fois publics et privés/personnels (à droite dans le schéma). Les espaces publics fonctionnent en général top down tandis que les privés/personnels sont plutôt bottom-up. Cette rencontre des stratégies descendantes et montantes développera le dynamisme de la plateforme universelle à venir.</p>
<p>• Ainsi, l’Internet devient-il la place publique de la société postindustrielle, peut-être un cinquième pouvoir ?</p>
</div>
<p style="text-align:right;">Michel Cartier</p>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/communication/'>Communication</a> Tagged: <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/connectivite/'>connectivité</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/democratie-participative/'>démocratie participative</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/democratie-representative/'>démocratie représentative</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/internet/'>Internet</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/mondialisation/'>mondialisation</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/proximite/'>proximité</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/societe-postindustrielle/'>société postindustrielle</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/usages/'>usages</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/village-global/'>village global</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/447/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/447/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=447&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;économie à l&#8217;aune de la physique complexe, par Marc Halévy</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 15:40:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Halévy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le processus économique mondial vit, sous nos yeux, une bifurcation majeure qui illustre, à merveille, la puissance des modèles issus de la physique de la complexité. Primo : la macroéconomie mondiale est un processus et pas seulement un système. L&#8217;économie contemporaine n&#8217;est que le résultat d&#8217;un processus d&#8217;accumulation historique guidé par une logique caractéristique : [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=426&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/economie_1279035118_zoom.jpg"><img class="alignleft  wp-image-427" title="Economie" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/economie_1279035118_zoom.jpg?w=266&h=216" alt="Economie" width="266" height="216" /></a>Le processus économique mondial vit, sous nos yeux, une bifurcation majeure qui illustre, à merveille, la puissance des modèles issus de la physique de la complexité.</p>
<p>Primo : la macroéconomie mondiale est un processus et pas seulement un système. L&#8217;économie contemporaine n&#8217;est que le résultat d&#8217;un processus d&#8217;accumulation historique guidé par une logique caractéristique : celle du capitalisme libéral dont les rejetons majeurs sont l&#8217;industrialisation, la massification, la surconsommation, la marchandisation et la financiarisation généralisées.</p>
<p>Secundo : la macroéconomie mondiale vit, pour l&#8217;heure, une bifurcation c&#8217;est-à-dire un changement radical de logique appelé, aussi, mutation paradigmatique. Les fondements anciens du paradigme économique changent de nature avec, pour conséquence, de faire basculer les structures de l&#8217;activité humaine dans un nouveau cycle historique. J&#8217;avais appelé, ailleurs, ce basculement &#8220;la révolution noétique&#8221; (voir mon : &#8220;L&#8217;âge de la connaissance&#8221; chez MM2 éditions).</p>
<p>Tertio : une telle mutation paradigmatique n&#8217;est pas un fait unique, isolé, fortuit. Les historiens nous disent que de telle bifurcations ont déjà eu lieu, avec des ampleurs comparables. Sur des cycles très longs, on pourrait en retrouver l&#8217;équivalent avec la révolution néolithique qui fit basculer l&#8217;humanité du régime &#8220;chasseur-cueilleur&#8221; au régime &#8220;agriculteur-éleveur&#8221;. Sur les cycles longs (d&#8217;environ 500 ans &#8211; cfr. supra), la rupture actuelle ressemble beaucoup à celles correspondant à la fin des cités grecques sous la férule romaine, à la chute de cet empire romain sous la pression des Goths, à la mort du dernier carolingien avec le basculement dans la féodalité ou, dernière en date &#8211; et la plus économiquement pertinente pour nous -, celle de la fin de cette féodalité et de l&#8217;émergence de la modernité à l&#8217;époque de la Renaissance (15ème siècle).</p>
<p>Quarto : un paradigme économique se caractérise par la donnée de trois définitions : celle de son étalon de richesse, celle des promoteurs de cette richesse et celle du lieu central de richesse.<br />
Ainsi l&#8217;ère féodale définissait l&#8217;hectare de terre comme unité de richesse, la noblesse guerrière comme promoteur de cette richesse agraire, et le château fort au milieu du fief comme lieu central des transactions économiques locales.<br />
A la Renaissance, tout change. Les surplus agricoles engendrés par la révolution agraire des 12ème et 13ème siècles, doivent être écoulés ailleurs, sur les foires de Flandre et de Champagne. Une nouvelle économie naît : ce sera l&#8217;économie moderne.<br />
Celle-ci redéfinit ses fondements : l&#8217;unité de richesse devient la monnaie (avec le droit régalien, fondateur de l&#8217;Etat moderne, de battre monnaie, et avec la naissance des banques sous la conduite des Lombards) ; les nouveaux promoteurs de la richesse forment la bourgeoisie marchande (aïeux des capitaines d&#8217;industrie du 19ème siècle et des capitalistes et financiers du 20ème siècle) ; et le nouveau lieu central de la richesse est, au cœur des villes, la place du marché, à l&#8217;ombre du beffroi, symbole du contre-pouvoir laïc et financier en face du clocher de l&#8217;ancien pouvoir ecclésial.</p>
<p>Quinto : nous vivons, aujourd&#8217;hui, une bifurcation du même type accélérée, elle aussi, par une révolution technologique : la révolution numérique qui explose en 1983 avec l&#8217;apparition des ordinateurs personnels et en 1989 avec la naissance d&#8217;Internet. L&#8217;unité de richesse devient l&#8217;octet, mesure de l&#8217;information et de la connaissance. Les promoteurs de la richesse deviennent les experts, les intelligents, les talentueux. Le lieu central de la richesse devient la &#8220;Toile&#8221; (le Web et Internet).Ce nouveau paradigme ne remplace pas l&#8217;ancien mais il s&#8217;y superpose (comme le paradigme bourgeois n&#8217;avait nullement éliminé le paradigme agraire, mais l&#8217;avait peu à peu marginalisé).<span id="more-426"></span></p>
<p>Pour comprendre la profonde &#8220;crise&#8221; mondiale actuelle, il est nécessaire de faire retour aux fondamentaux de la dynamique des systèmes complexe. L&#8217;humanité est un tel système elle n&#8217;échappe en rien aux lois qui président aux évolutions systémiques. Notre &#8220;crise&#8221; n&#8217;est en fait qu&#8217;un processus de rupture parfaitement analysable et compréhensible en termes de physique complexe.</p>
<p>Brossons le tableau en quelques points simples et clairs …</p>
<ul>
<li>L&#8217;humanité est un vaste système complexe, partie prenante d&#8217;un système encore plus complexe et plus vaste : la biosphère . Les modèles et lois de la physique complexe  s&#8217;y appliquent.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le processus humain, au sein du processus biosphérique, est travaillé par les trois propensions  fondamentales de la physique complexe : la propension massique qui tend à augmenter à la fois son territoire et sa démographie, la propension eidétique  qui tend à complexifier ses modes d&#8217;organisation et la propension dynamique qui tend à accélérer le rythme de ses activités productives et consommatoires.</li>
</ul>
<ul>
<li>Ces trois propensions évoluent de conserve par un jeu d&#8217;équilibres dynamiques qui assurent l&#8217;homéostasie globale du processus humain. Sous peine de s&#8217;étioler, cette homéostasie humaine doit, en plus, se développer en harmonie avec l&#8217;homéostasie supérieure du processus biosphérique global qui la porte, la nourrit et la fonde. La rupture écologique que nous vivons aujourd&#8217;hui est l&#8217;expression de la rupture de cette harmonie entre ces deux niveaux biosphérique et humain.</li>
</ul>
<ul>
<li>De plus, le processus humain vit, sous nos yeux, une bifurcation , au sens de Prigogine, c&#8217;est-à-dire un saut, à la fois quantitatif et qualitatif, de ses trois propensions fondamentales. Ce saut induit une restructuration en profondeur de l&#8217;architecture homéostatique de l&#8217;ensemble que traduit l&#8217;actuelle crise paradigmatique  et dont nos crises économiques et sociétales successives sont le signe et l&#8217;expression.</li>
</ul>
<ul>
<li>Les trois sauts propensifs que nous vivons aujourd&#8217;hui, sont respectivement la mondialisation (densification massique des territoires humains étendus à toute la Terre), la réticulation (complexification eidétique de toutes les organisations par passage des structures hiérarchiques aux structures mosaïques en réseau) et la dématérialisation (accélération dynamique de tous les rythmes et de toutes les activités au travers des technologies télématiques). Il est clair que, par exemple, le phénomène Internet (et la révolution noétique  qu&#8217;il permet) synthétise et symbolise parfaitement la convergence de ces trois sauts propensifs.</li>
</ul>
<ul>
<li>A ces trois défis évolutifs, s&#8217;ajoute le défi écologique du rétablissement de l&#8217;homéostasie globale de et avec Gaïa .</li>
</ul>
<ul>
<li>Quatre défis, donc, qui sont l&#8217;intériorité pour accompagner la mondialisation, la complexité pour accompagner la réticulation, l&#8217;immatérialité pour accompagner la dématérialisation et la frugalité pour accompagner le rétablissement de l&#8217;homéostasie écologique. Examinons ces quatre défis un peu plus en détails :</li>
</ul>
<div style="text-align:justify;">o    La mondialisation appelle l&#8217;intériorité : les espaces extérieurs étant saturés, seuls les espaces intérieurs s&#8217;offrent encore à l&#8217;expansion humaine. La conquête des territoires physiques à la surface de l&#8217;étendue étant achevée, le développement humain futur partira à la conquête des territoires noétiques dans les profondeurs de la durée.</div>
<div style="text-align:justify;"></div>
<div style="text-align:justify;">o    La réticulation appelle la complexité : les structures hiérarchiques sur lesquelles se sont construites les civilisations du passé et du présent, sont bien trop pauvres en relations et interrelations pour affronter et supporter la complexification globale du système humain. Les structures réticulées, bien plus riches, sont donc appelées à les remplacer partout : les pyramides monolithiques doivent céder la place à des mosaïques interconnectées.</div>
<div style="text-align:justify;"></div>
<div style="text-align:justify;">o    La dématérialisation appelle l&#8217;immatérialité : la société de consommation et l&#8217;économie industrielle doivent céder le pas à la société de la connaissance et à l&#8217;économie de l&#8217;immatériel qui l&#8217;accompagne : la richesse devient cognitive  et informationnelle. La nouvelle logique économique s&#8217;échappe des carcans de la rareté et de la propriété.</div>
<div style="text-align:justify;"></div>
<div style="text-align:justify;">o    L&#8217;écologisation appelle la frugalité : la pression démographique et la rage consommatoire induisent un pillage systématique de toutes les ressources naturelles que Gaïa n&#8217;est pas capable de soutenir. La seule réponse possible est la frugalité tant reproductive que matérielle (faire beaucoup mieux avec beaucoup moins).</div>
<p>Notre époque est celle de cette bifurcation majeure dont la révolution noétique est l&#8217;expression comme la révolution néolithique  fut, on l&#8217;a dit, l&#8217;expression de la bifurcation majeure précédente, il y a 10.000 ans.<br />
Toute bifurcation majeure d&#8217;un processus est un moment délicat car elle remet en cause les architectures fondamentales de l&#8217;homéostasie, et met donc le processus en grand danger.<br />
De plus, il est clair que toute bifurcation est la suite logique des évolutions antérieures. Or, celles-ci étant irréversibles, il est impossible de croire que la bifurcation majeure actuelle puisse être évitée.<br />
Il faut donc l&#8217;assumer avec lucidité, intelligence et inventivité.</p>
<p>Ainsi, quelques conclusions importantes s&#8217;imposent :</p>
<ul>
<li>La bifurcation majeure actuelle (la &#8220;crise&#8221;) est inéluctable : toute gesticulation politique, syndicale ou financière est inutile, vaine et illusoire.</li>
</ul>
<ul>
<li>La bifurcation majeure actuelle (la &#8220;crise&#8221;) est irréversible : l&#8217;ancien &#8220;monde&#8221; est mourant et tout acharnement thérapeutique est absurde et contre-productif.</li>
</ul>
<ul>
<li>La bifurcation majeure actuelle (la &#8220;crise&#8221;) est indispensable : la survie (partielle) de l&#8217;humanité passe nécessairement par un changement radical de ses modalités d&#8217;existence.</li>
</ul>
<ul>
<li>La bifurcation majeure actuelle (la &#8220;crise&#8221;) est incertaine : rien n&#8217;est écrit, tout doit être inventé et le temps presse car plus l&#8217;enfantement de l&#8217;humanité nouvelle tarde et plus l&#8217;accouchement sera difficile, douloureux et dangereux.</li>
</ul>
<div style="text-align:center;">*</div>
<p>Revenons plus en détail sur la modélisation &#8220;complexe&#8221; de cette bifurcation paradigmatique caractérisée par une mutation de la logique économique et manifestée par ces &#8220;crises&#8221; financières, d&#8217;abord, économiques, ensuite, et sociales, enfin, qui minent notre époque.</p>
<p>Pour ce faire, mettons-nous dans la peau d&#8217;un PDG français de 1963, par exemple. Comment &#8220;voit&#8221;-t-il le monde économique ? Quelles sont pour lui les six dimensions de son paradigme économique ?<br />
Intention ? Il est un homme de la Modernité (au sens historien, mais aussi au sens du modernisme). Il est enfant de Descartes et des Lumières. Il baigne dans les trente glorieuses et dans le formidable essor technologique qui l&#8217;environne. Il croit au progrès &#8211; même s&#8217;il se méfie du &#8220;progressisme&#8221; de la gauche &#8211; et ce progrès viendra par l&#8217;éducation à la rationalité et par les effets conjoints des découvertes scientifiques et des inventions techniques. Ce progrès es potentiellement infini et permettra de relever et de gagner le grand défi de la Modernité : libérer l&#8217;homme de toutes les oppressions, celles de la Nature, celles des Eglises et des Rois, celles des famines et des maladies, celles de la douleur du corps et de la souffrance de l&#8217;âme. Bref, il rêve d&#8217;un monde où règnerait la facilité et la douceur de vivre. Et en temps que PDG, il sait qu&#8217;il est un des artisans actifs de cette belle envolée civilisatrice. Voilà pour l&#8217;intention profonde, pour l&#8217;attracteur central de la Modernité : libérer l&#8217;homme. La Féodalité, elle, possédait un autre puissant attracteur global : sauver l&#8217;homme. Sauver son âme, éradiquer le Mal et le Malin, combattre le péché et l&#8217;hérésie, brûler le blasphème et la contemption des commandements. Bref, la Féodalité soignait les âmes et la Modernité soigne les corps.<br />
Notre PDG veut, au plus profond de lui, participer, à son échelle, à cette vaste croisade émancipatrice en produisant de la richesse, en créant des emplois, en éduquant ses salariés, en investissant son capital, en générant du travail.<br />
Du point de vue de l&#8217;écologie (c&#8217;est quoi l&#8217;écologie en 1963 ?) de son entreprise, c&#8217;est un non problème. La Nature est un réservoir infini de ressources qui ne demandent qu&#8217;à être exploitées. C&#8217;est l&#8217;abondance. La consommation des ressources naturelles et la perspective de leur épuisement ne sont pas des paramètres de son équation, ni à lui, ni à personne. De plus, l&#8217;explosion démographique est encore masquée et les peuples &#8220;sous-développés&#8221; ne consomme pas grand&#8217; chose. Malgré les efforts du colonialisme, ils sont restés en marge du progrès et ne le demande guère.<br />
Propension volumique ? Du point de vue des territoires économiques, la mondialisation est en marche. Les deux dernières guerres étant mondiales, elles ont reliés des pays, des peuples, des activités économiques qui, sinon, seraient encore longtemps restés étrangers les uns aux autres. De plus, la décolonisation a remplacé l&#8217;ancien colonialisme politique sur les peuples par un néo-colonialisme économique sur les ressources.<br />
Bref, notre PDG voit l&#8217;internationalisation et la mondialisation en marche. Il commence à penser exportation (jusque là, le périmètre de l&#8217;entreprise et, donc, l&#8217;économie étaient essentiellement locaux, voire nationaux, mais guère plus ; les douanes et taxes douanières étaient encore omniprésentes). Le territoire économique était donc en expansion rapide, ouvrant les portes toutes grandes vers de nouveaux marchés, de nouvelles niches, de nouvelles ressources naturelles et de nouvelles mains-d&#8217;œuvre pas chères du tout.<br />
Propension eidétique ? Notre PDG croit dur comme fer au capitalisme et au libéralisme. Ce sont là les deux fondements du modèle économique ambiant. Or quelques absurdes communistes dont on sait les déboires économiques et financiers (l&#8217;URSS marxiste-léniniste et la Chine maoïste, et leur &#8211; trop &#8211; nombreux satellites), personne, à l&#8217;époque des trente glorieuses, dans les milieux patronaux, ne contesteraient ces deux mamelles de la prospérité.<br />
Capitalisme ? l&#8217;économie est essentiellement industrielle. L&#8217;industrie réclame des investissements lourds et longs. Il faut donc beaucoup de capitaux. Il faut donc bien rémunérer ces capitaux. Il faut donc faire du bon profit. CQFD.<br />
Libéralisme ? Les lois du marché avec, en tête, les règles de la parfaite concurrence et la loi de l&#8217;offre et de la demande, sont bien connues, depuis Adam Smith et son concept de &#8220;main invisible&#8221;, pour être les meilleurs régulateurs des marchés. Le libéralisme est la doctrine de cette autorégulation économique. Selon sa sensibilité politique, notre PDG saupoudrera son libéralisme d&#8217;un léger interventionnisme d&#8217;Etat &#8211; surtout pour organiser de juteux et vastes marchés publics &#8211; afin de pallier le spectre du crash de 1929 et de tenir un peu compte des analyses de Keynes (qui, soit dit en passant, n&#8217;avait pas vu que, parce qu&#8217;ils sont lents, lourds et sous-informés, les Etats sont de bien plus mauvais régulateurs économiques que les marchés).<br />
Propension dynamique ? Productivité ! La logique industrielle, parce qu&#8217;elle recourt en masse aux capitaux pour investir, induit une logique financière au centre de sa préoccupation. Il n&#8217;en faut pas plus pour que le pouvoir passe, sournoisement, de l&#8217;ingénieur au financeur. Le cœur de la performance de l&#8217;entreprise est comptable. Tout le reste (quel reste, d&#8217;ailleurs ?) est au mieux anecdotique, au pis énervant parce que stupide. La financiarisation de l&#8217;économie, à partir de ce moment, s&#8217;accélère : la rage spéculative s&#8217;amplifie et vient, par vagues successives, des USA, temple de la spéculation, de l&#8217;argent facile et des &#8220;réussites&#8221; et des fortunes colossales.<br />
Ethique ? Le respect de la Loi en tient lieu. L&#8217;économie n&#8217;a aucune vocation ni morale, ni moralisatrice. Les affaires sont les affaires. Quant au reste …<br />
Voilà donc pour le paradigme économique de notre PDG de 1963.</p>
<p>Pourquoi donc cette petite merveille s&#8217;est-elle grippée ? Pourquoi cette logique miraculeuse &#8211; elle a porter la reconstruction de l&#8217;Europe après le désastre de 1939 à 1945 &#8211; devrait-elle s&#8217;arrêter ? Qu&#8217;est-ce qui a ripé ? Qu&#8217;est-ce qui a foiré ?<br />
D&#8217;abord, l&#8217;intention. Libérer l&#8217;homme, soit. Mais, comme demandait Nietzsche : liberté pour quoi faire ? Le progrès, soit. Mais le progrès pour qui ? L&#8217;argent et la fortune, soit. Mais pour quel projet de vie ? Le bonheur, soit. Mais quel bonheur ? Ces questions philosophiques, d&#8217;abord, idéologiques, ensuite, commencent à être posées au début des années soixante dans la mouvance des transcendantalistes américains (Emerson, Thoreau) et des existentialistes européens (Camus, Sartre, Mounier) et dans la logique de ce qui deviendra, vite, les mouvements de contestation (Mai &#8217;68, MLF) largement manipulés par les gauchistes et les communistes.<br />
Ensuite, la dimension écologique. Dès 1972, lors de la parution du rapport &#8220;Meadow&#8221; intitulé &#8220;Halte à la croissance&#8221; et réalisé par le Club de Rome, une information cruciale passe encore inaperçue, mais prendra tout son sens peu après : les ressources naturelles sont limitées et s&#8217;épuisent ! A les exploiter au rythme effréné de la croissance démographique et de la boulimie consommatoire, dans quelques décennies, l&#8217;aventure se terminera, faute de combattants. Quelle blague ! L&#8217;ironie, pourtant, sera de courte durée. Dès 1973, prenant prétexte de la guerre de Kippour, les Arabes coupent les robinets du pétrole. Première crise pétrolière. Stupéfaction : quelques bédouins ont donc le pouvoir de contrôler toute l&#8217;économie mondiale développée. Et ils osent ! Merci les Anglais ! Depuis, l&#8217;avancée de cette logique pénurique bat en brèche cette insouciante confiance en l&#8217;abondance définitive et à l&#8217;inépuisabilité des réservoirs de ressources naturelles non renouvelables. Pas de pot : l&#8217;humanité, en un peu plus de 100 ans, a consommé environ 80% du total de toutes les réserves de ressources naturelles (cfr; mon livre : &#8220;le Principe Frugalité&#8221; &#8211; Dangles &#8211; 2010).<br />
Date symbole : 2006. Le pic pétrolier est franchi. La pénurie définitive d&#8217;énergie bon marché est officialisée : l&#8217;évolution de l&#8217;offre sera toujours inférieure à l&#8217;évolution de la demande. Et, quoiqu&#8217;en pense les optimistes naïfs, il n&#8217;y a pas d&#8217;autre alternative sérieuse, massive et efficace que la frugalité. Ceinture ! Le second principe de la thermodynamique est inflexible : l&#8217;énergie ne se &#8220;consomme&#8221; pas, elle se dégrade irréversiblement ; et plus on la transforme, plus elle se dégrade vite et plus elle se renouvelle de plus en plus chèrement, quelle qu&#8217;en soit la source ! Dont acte. Les éoliennes, les biocarburants, les panneaux solaires, etc … déplacent ou diffèrent le problème, mais ils ne le résolvent aucunement.<br />
Ensuite, la dimension volumique. Là, au moins, ça va bien. Pas du tout. La mondialisation, aujourd&#8217;hui est achevée. La prophétie du Canadien Macluhan du &#8220;village planétaire&#8221; est réalisée. Notre petite Terre est désormais totalement mercantilisée, financiarisée, industrialisée, marketisée. L&#8217;URSS n&#8217;est plus que le mauvais souvenir d&#8217;un infect cauchemar et la Chine s&#8217;est éveillée (cfr. Alain Peyrefitte). Soit, mais où est le problème ? En ceci que l&#8217;humanité, elle, continue de se multiplier, que la croissance démographique et l&#8217;appétence consommatoire sont toujours exponentielles et qu&#8217;il faudra donc bien trouver ou inventer de nouveaux territoires économiques pour y développer de la valeur et de la richesse. En attendant, la croissance est nécessairement en panne. Malthus aurait-il donc raison ? Encore une application de la thermodynamique : lorsque le garde-manger est limité (la surface de la Terre n&#8217;est pas extensible) et lorsque l&#8217;appétit est insatiable (les exponentielles humaines), il y a un moment où la part de chacun diminue (la croissance devient négative comme disent les couards qui n&#8217;ose pas parler de décroissance irréversible et inéluctable).<br />
Puis vient la dimension eidétique. Capitalisme et libéralisme. Capitalisme, d&#8217;abord. Les capitaux (les monnaies) sont de plus en plus vides de valeur. Depuis les accords de Bretton-Wood, les USA financent l&#8217;explosion de l&#8217;économie mondiale &#8211; avec la bénédiction réjouie des bénéficiaires &#8211; en faisant tourner sa machine à billets. Nixon, pour financer la fin de la guerre du Vietnam qui fut un immense gouffre financier &#8211; décida de rompre la convertibilité du dollar en or : la machine à billets pouvait devenir folle, ce qu&#8217;elle ne manqua pas de faire. Aujourd&#8217;hui, le dollar est une fausse monnaie, une monnaie de singe dont 90% de la &#8220;valeur&#8221; sur les marchés est faite de promesses futures (croissance, prospérité, etc …) que le monde ne pourra plus jamais tenir. L&#8217;économie réelle ne porte plus les paris financiers depuis longtemps, mais tant que personne ne dénonçait la machination, tant que tout le monde y trouvait son compte, cela pouvait durer. Aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est plus la cas. La Chine cesse de financer l&#8217;endettement américain (plus personne, hors la FED elle-même n&#8217;achètera les bons du trésor américains). Heureusement, il y a l&#8217;Euro qui, parce qu&#8217;il est plus enté sur l&#8217;économie réelle est aujourd&#8217;hui la seule monnaie mondiale fiable. Exit donc le capitalisme spéculatif à l&#8217;américaine : fin de l&#8217;économie virtuelle (une action d&#8217;une entreprise ou un  bon d&#8217;Etat, comme toute monnaie, d&#8217;ailleurs, ne &#8220;valent&#8221; rien par eux-mêmes puisqu&#8217;ils ne sont que des promesses de gains futurs … et une promesse, c&#8217;est du vent … qui ne vaut que pour celui qui y croit !).<br />
Libéralisme, ensuite. La foi en l&#8217;autorégulation de l&#8217;économie par les marchés eux-mêmes, par cette &#8220;main invisible&#8221; théorisée par Adam Smith et Hayek et Friedman, se heurte à un obstacle majeur. La vitesse d&#8217;occurrence des événements économiques est devenue infiniment plus grande que la vitesse de réactions et de décisions des entreprises, des marchés et des Etats. La dérégulation économique et financière est un fait, à présent. On peut se mentir et faire semblant, mais les faits sont là : les structures pyramidales hiérarchiques qui portaient l&#8217;autorégulation économique ancienne, sont devenues définitivement et irréversiblement trop faibles, trop lentes et trop lourdes pour faire face et instaurer une nouvelle autorégulation valable. Nous en avons déjà bien parlé, nous n&#8217;y revenons plus. Exit donc le libéralisme classique.<br />
Ensuite, la dimension dynamique. L&#8217;activité économique, selon notre PDG de 1963 n&#8217;avait qu&#8217;un seul indice, un seul indicateur : les ratios comptables et financiers. Tout le reste n&#8217;était que bavardage. Croissance et argent : voilà tout le credo ! Depuis, liée avec les vagues hippies, spiritualisantes ou contestataires de la fin des années soixante , la montée des aspirations en qualité de vie  n&#8217;ont fait que progresser. Le bonheur et la joie de vivre ne se mesure pas en dollar. Nietzsche, encore lui, disait cette phrase merveilleuse : &#8220;Tout ce qui a un prix n&#8217;a pas de valeur&#8221;. Maslow avait raison : une fois les appétits matériels et quantitatifs satisfaits, naissent des appétits immatériels et qualitatifs que l&#8217;argent est impuissant à combler. Or, rappelons-nous, toute la Modernité s&#8217;était construite sur l&#8217;intention de &#8220;libérer&#8221; l&#8217;homme par la prospérité économique (cfr. au 16ème siècle le credo de Sully et la poule au pot d&#8217;Henri IV) qui, elle-même, ne connait que l&#8217;avoir, que l&#8217;argent, que la dimension matérielle. La fin de ce siècle d&#8217;horreur que fut le 20ème a abouti à une découverte stupéfiante : malgré toutes les fabuleuses promesses des Religions, des Etats, des Partis, des Technologies ou des Marchés, le bonheur des hommes ne vient jamais de l&#8217;extérieur, mais il se construit de l&#8217;intérieur. Chacun est seul responsable de sa propre joie de vivre. Ce constat philosophique, pourtant insatiablement ressassé par les Sages de toutes contrées et de toutes traditions depuis des millénaires, devient une évidence massive. L&#8217;argent n&#8217;est pas tout. Loin s&#8217;en faut. Et les performances d&#8217;une entreprise ne sont pas que, ne peuvent pas être que financières. L&#8217;économie est un vaste système de production et de distribution de valeurs, certes, mais ce qui fait valeur n&#8217;est pas forcément matériel ou économique. Fin de la financiarisation et de l&#8217;économisme.<br />
Enfin, la dimension éthique. Ras-le-bol de l&#8217;emploi &#8220;kleenex&#8221;, du tout jetable. L&#8217;humain n&#8217;est pas une ressource (n&#8217;en déplaise au justement nommés DRH). Le respect est une valeur indispensable. L&#8217;homme n&#8217;est pas qu&#8217;une simple machine à travailler (&#8220;à des cadences infernales&#8221;, évidemment, comme le clament les syndicats) contre salaire (forcément &#8220;de misère&#8221; dans la bouche du même syndicalisme). L&#8217;entreprise doit devenir un lieu de perfectionnement, d&#8217;apprentissage, de liens et pas seulement une machine à sous écrasée d&#8217;autoritarisme et de précarité. Fin de l&#8217;exploitation.</p>
<p>Ainsi, dans toutes ses dimensions profondes et fondamentales, le processus économique a rompu avec sa logique d&#8217;antan. Le credo &#8211; légitime &#8211; de notre PDG de 1963 a explosé en vol, dans chacune de ses dimensions. Il faut donc reconstruire une nouvelle logique économique, totalement renouvelée dans toutes ses dimensions. Nous vivons, donc, une énorme, une immense, une radicale bifurcation du processus économique. La chenille de la Modernité est entrée en métamorphose pour devenir papillon (j&#8217;avais intitulé mon premier ouvrage de prospective, en 1985, &#8220;Les métamorphoses de l&#8217;homme-papillon&#8221; &#8211; il n&#8217;a pas pris une ride).<br />
Et ce que nous appelons la crise ou les crises, aujourd&#8217;hui, ne sont que les manifestations extérieures et superficielles de cette métamorphose, de cette mutation, de cette bifurcation.<br />
Que peut-on, alors, dire, des caractéristiques de cette nouvelle logique en émergence ?</p>
<p>D&#8217;abord et surtout, il faut en dire qu&#8217;elle n&#8217;est pas soumise à un quelconque déterminisme et que donc, tous les futurologues ou autres prévisionnistes sont tous des charlatans. Le monde qui vient n&#8217;est écrit nulle part. Il sera la résultante des milliards de décisions et d&#8217;initiatives qui seront prises partout, par les ménages, les entreprises, les institutions, les officines, les Etats, les banques, etc … Beaucoup de scénarii sont possibles du plus rose au plus noir. Mais quel que soit le scénario sortant, il sera une combinaison des réponses qui seront données aux six ruptures décrites ci-dessus. Examinons….</p>
<p>Primo : une bifurcation écologique. Gaïa s&#8217;épuise. Gaïa s&#8217;empoisonne. Inutile d&#8217;y revenir, il n&#8217;y a qu&#8217;une seule voie de sortie : la frugalité, faire beaucoup mieux avec beaucoup moins. La technologie n&#8217;y changera rien car, répétons-le, elle déplace ou diffère les problèmes de ressources mais elle ne peut les résoudre du fait de l&#8217;existence inexorable du second principe de la thermodynamique : l&#8217;entropie croît, quoique l&#8217;on fasse.</p>
<p>Secundo : une bifurcation d&#8217;intention. Bernard-Henri Lévy parle de : &#8220;La grande illusion progressiste (…)&#8221;. Le progressisme est mort. Libérer l&#8217;homme ? Foutaise. Il n&#8217;a jamais été aussi asservi (à l&#8217;argent, à la consommation, à l&#8217;Etat, …) qu&#8217;aujourd&#8217;hui. L&#8217;absurdité du &#8220;progressisme&#8221; est de faire ou laisser croire qu&#8217;il existerait un &#8220;mieux&#8221;, évidemment prédéfini (c&#8217;est cela l&#8217;idéologie), et qu&#8217;il &#8220;suffirait&#8221; d&#8217;y aller. Idéalisme puéril. Il n&#8217;y a ni &#8220;mieux&#8221; collectif, ni &#8220;mieux&#8221; commun, ni &#8220;mieux&#8221; absolu : il n&#8217;y a que ce qui est mieux pour soi, ici et maintenant. L&#8217;opinion publique, les enquêtes et sondages, les statistiques ne sont que des trompe-l&#8217;œil, des leurres, des outils de manipulation démagogique et électorale. Il ne s&#8217;agit donc plus de &#8220;libérer l&#8217;homme&#8221;, mais de permettre, à chacun, la construction personnelle de sa propre joie de vivre. C&#8217;est tout le reste qui devient du bavardage inutile. Joie de vivre, donc !</p>
<p>Tertio : une bifurcation volumique. De nouveaux territoires économiques sont nécessaires pour y produire suffisamment de &#8220;valeurs&#8221; nouvelles pour calmer les appétits voraces de ces quelques milliards d&#8217;insatiables désirants. Mais le territoire terrestre, matériel, géographique est limité et conquis, que faire ? Développer les nouveaux et infinis univers immatériels que les technologies numériques ont ouverts et rendus accessibles. &#8220;Société de la connaissance et économie de l&#8217;immatériel&#8221; a proclamé l&#8217;Union Européenne dans sa déclaration de Lisbonne en 2000. Mais sans entrer dans les détails (je renvoie pour cela à mes livres &#8220;Economie(s) immatérielle(s)&#8221; chez Dangles en 2009, et &#8220;Que vaut une idée ?&#8221; chez Edipro aussi en 2009), il faut bien voir que l&#8217;économie de l&#8217;immatériel se construit et s&#8217;évalue sur de tout autres indicateurs et règles que l&#8217;économie classique, matérielle, industrielle, financiarisée. Immatérialité, donc !</p>
<p>Quarto : une bifurcation eidétique. Le modèle de la hiérarchie pyramidale est mort. Trop lourd, trop lent. Le nouveau modèle organisationnel, à tous les étages de nos édifices sociaux et économiques est déjà et sera toujours plus le réseau c&#8217;est-à-dire un ensemble d&#8217;entités autonomes fédérées entre elles par un projet et/ou des ressources partagées. Ce passage de la pyramide au réseau est un énorme saut de complexité. Mais cette complexité-là est la seule réponse à l&#8217;accélération de la complexité réelle ambiante. N&#8217;y point consentir reviendrait à continuer, comme le font à présent les politiques, à répondre à la complexité réelle par des complications artificielles et inopérantes, à construire des &#8220;usines à gaz&#8221; ingérables et inefficaces qui coûtent des fortunes pour des résultats concrets dérisoires. Complexité, donc !</p>
<p>Quinto : une bifurcation dynamique. L&#8217;activité économique ne s&#8217;appréciait, ne se mesurait, ne se gérait qu&#8217;en termes financiers et comptables. Cela reste nécessaire, mais devient de plus en plus insuffisant. L&#8217;entreprise n&#8217;est pas qu&#8217;un lieu anonyme de production de valeur matérielle, l&#8217;entreprise devient &#8211; pas encore assez rapidement &#8211; un lieu d&#8217;accomplissements, un lieu de projets, un lieu de sens, un lieu de plaisirs et de joies. Le travail comme gagne-pain (toucher le chèque de fin de mois en en faisant les moins possible) doit devenir une activité comme gagne-joie (s&#8217;y accomplir en talent et en expertise, en plaisir et en communauté). L&#8217;argent ne peut plus tenir toute la place, ni pour les actionnaires, ni pour les managers, ni pour les salariés. L&#8217;argent est nécessaire ; l&#8217;argent n&#8217;est jamais suffisant. La joie &#8211; au travail, dans la vie &#8211; ne vient jamais de l&#8217;extérieur, mais se veut et se forge de l&#8217;intérieur. Intériorité, donc !</p>
<p>Sexto : Une bifurcation éthique, enfin. L&#8217;homme est plus qu&#8217;une machine à produire. Exact. Fort bien. Mais il est un prix, alors, à payer pour désaliéner le travail, pour faire de la profession un chemin d&#8217;accomplissement et d&#8217;épanouissement, pour rendre l&#8217;entreprise plus humaine et plus respectueuse. Ce prix, c&#8217;est l&#8217;autonomie et la responsabilité. Ces deux-là vont toujours de pair. Finis les assistanats aussi dispendieux que délétères, finis les paternalismes, finis la charité hypocrite et les apitoiements sentimentaux. Chacun peut et doit devenir autonome ; chacun doit donc vouloir et devenir seul responsable de soi. Autonomie, donc !</p>
<p>Frugalité. Joie. Immatérialité. Complexité. Intériorité. Autonomie.<br />
els sont les six mots clés dont les déclinaisons tisseront la logique économique qui émerge et qui forgera le monde économique (et social, et culturel) de demain.<br />
Répétons-le, la &#8220;crise&#8221; que nous vivons (et que nous vivrons encore jusqu&#8217;en 2020 environ) n&#8217;est que la manifestation d&#8217;une bifurcation profonde, d&#8217;une mutation paradigmatique, de la métamorphose de la logique économique (et sociale, et culturelle).<br />
Cette métamorphose est inéluctable et irréversible. Il n&#8217;est pas certain qu&#8217;elle réussisse. Mais si elle échoue, c&#8217;est l&#8217;humanité entière qui disparaitra.<br />
A chacun de se préparer. A chacun de contribuer. A chacun de participer. A chacun de développer, en lui, ces six dimensions cruciales : joie, frugalité, immatérialité, complexité, intériorité et autonomie.</p>
<div style="text-align:center;">*</div>
<p>A la lecture de ce chapitre, mon lecteur comprendra probablement mieux pourquoi j&#8217;ai fait de la prospective mon champ préférentiel d&#8217;application des concepts, modèles et méthodes de la physique complexe : il est le seul processus complexe de cette ampleur que nous puissions vivre de l&#8217;intérieur, que nous puissions observer, tester, étudier chaque jour, sans sortir de notre bureau, sans besoin de coûteux instruments (un simple abonnement à Internet suffit pour avoir accès à toutes les données, à toutes les informations, à tous les commentaires, à toutes les analyses).<br />
Point n&#8217;est besoin d&#8217;un accélérateur de particule de 60 km de circonférence ; point n&#8217;est besoin de radiotélescopes embarqués dans des satellites artificiels. Il suffit de vivre, de regarder et de voir. Il suffit d&#8217;entrer en résonance avec le monde réel des hommes réels. Il suffit de développer une bonne sensibilité aux signaux faibles et une bonne capacité d&#8217;étonnement (voire d&#8217;émerveillement).</p>
</div>
<p style="text-align:right;">Marc Halévy</p>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/economie/'>Economie</a> Tagged: <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/ecologisation/'>écologisation</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/economie-2/'>économie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/bifurcation-macroeconomique/'>bifurcation macroéconomique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/capitalisme-liberal/'>capitalisme libéral</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/crise/'>crise</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/dematerialisation/'>dématérialisation</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/immateriel/'>immatériel</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/macroeconomie/'>macroéconomie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/mondialisation/'>mondialisation</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/mutation-paradigmatique/'>mutation paradigmatique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/nouvelle-logique-economique/'>nouvelle logique économique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/physique/'>physique</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/prospective/'>prospective</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/reticulation/'>réticulation</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/426/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/426/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=426&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Interrogations sur une société de la connaissance, par Michel Cartier</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 15:43:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Cartier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Société et politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Durant l’Antiquité, les êtres humains sont passés d’un niveau d’échange d’informations et de communication à un autre, beaucoup plus sophistiqué, avec l’arrivée de l’alphabet. Puis, ils ont vécu un autre bond avec l’arrivée de l’imprimerie puis de la télévision. À chaque bond, les organisations humaines nous ont obligé à modifier notre façon de vivre, exigeant [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=420&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/fotolia_566570_xs.jpg"><img class=" wp-image-421 alignright" title="Société de la connaissance" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/fotolia_566570_xs.jpg?w=212&h=270" alt="Société de la connaissance" width="212" height="270" /></a>Durant l’Antiquité, les êtres humains sont passés d’un niveau d’échange d’informations et de communication à un autre, beaucoup plus sophistiqué, avec l’arrivée de l’alphabet. Puis, ils ont vécu un autre bond avec l’arrivée de l’imprimerie puis de la télévision. À chaque bond, les organisations humaines nous ont obligé à modifier notre façon de vivre, exigeant que le cerveau humain se dote d’une plus grande fluidité.<br />
Qu’arrive-t-il avec l’Internet ?</p>
<p>Actuellement, nous vivons une période instable. La décennie 1980-1990 nous avait apporté des avancées extraordinaires, l’émergence de la micro-informatique et du commerce électronique par exemple. La décennie 1990-2000 fut une période euphorique qui débuta avec la chute du mur de Berlin. Celle de 2000-2010, qui commence avec les attentats du 11 septembre, voit le climat complètement changer. Nous nous apercevons maintenant que nous vivons un passage entre une ère industrielle et quelque chose qui sera postindustriel : une société de la connaissance ?<br />
<span id="more-420"></span><br />
La perte de confiance des citoyens envers leurs élites politiques et économiques engendre actuellement un ras-le-bol généralisé à travers toute la planète. La colère commence à gronder, chez les jeunes surtout : printemps arabe, indignés, occupons Wall Street, etc. Les crises que nous vivons (économique, énergétique, écologique, géopolitique et générationnelle) vont durer tant que cette confiance ne sera pas restaurée, c’est-à-dire encore plusieurs années. La restauration de cette confiance exige des négociations entre la société civile et les élites politiques et économiques. Mais ces élites ne veulent rien changer de peur de perdre leurs privilèges. Alors, nous nous dirigeons vers ce que les spécialistes appellent le « bord du chaos ». D’où l’importance de nous poser les bonnes questions ; de se demander si celles-ci sont des menaces ou des opportunités ?</p>
<p><strong>Deux questions fondamentales</strong></p>
<p>Si on tient compte que nous allons vivre dans une société de la connaissance qui sera dotée d’une place publique électronique grâce à l’Internet 2, on s’aperçoit que l’information devient le matériau de base qu’utilisera notre société pour se développer et devenir postindustrielle. Notre futur dépend donc de la qualité du traitement des informations.</p>
<p>Or, actuellement, les médias de masse nous inondent de tsunamis quotidiens d’images émotives et de nouvelles non validées, tandis que les médias sociaux ne servent qu’à véhiculer des communications personnalisées. Comment développer des consensus dans un tel fouillis de données qui n’ont aucun sens ?</p>
<p>• Est-ce que la société peut confier à des consortiums médiatiques privés le soin de traiter ses informations, quand on sait que ces consortiums n’ont que leurs profits comme objectif ?</p>
<p>• Est-ce qu’on peu continuer à mêler allègrement les informations reportages et les informations opinion ? Doit-on continuer à donner le même espace de diffusion aux journalistes professionnels qu’aux citoyens-experts, surtout quand plusieurs se cachent derrière l’anonymat ? Assistons-nous à une dérive de l’information factuelle vers l’information spectacle ?</p>
<p>N.B. Les informations reportage sont des données qui prennent un sens parce que validées, et éditorialisées par des professionnels selon un code d’éthique. Les informations reportage sont des opinions auto crées par des citoyens blogeurs-twitteurs et des groupes d’intérêts. Si l’information reportage est un synthèse d’un sujet donné, l’information opinion suit l’évolution du sujet et présente une vision fragmentée ; elle est un reflet de ce que le citoyen pense.</p>
<p><strong>Autres questions</strong></p>
<ul>
<li><strong>Aspects technologiques</strong></li>
</ul>
<p>• Si la quantité d’informations explose au point de devenir un Big Data, comment allons-nous nous retrouver dans cette masse de données ?</p>
<p>• Aurons-nous assez de bandes passantes pour répondre à ce bit bang qu’est le  Big Data ? …et assez d&#8217;adresses ? Techniquement, quels changements nous imposera le Cloud Computing ?</p>
<p>• Si la moitié des habitants de la planète habitent désormais dans une grande ville, comment vont-ils réorganiser leurs activités quotidiennes ? Quelles technologies combineront les nouveaux  algorithmes de recherche ou de recommandation avec les techniques de géoréférencement ?</p>
<p>• Comment l’Internet 2 peut-il être un outil pour une Démocratie 2.0 quand, pour certains gouvernements, il est devenu une Répression 2.0 ?</p>
<p>• Si l’interface See-Point-Click est l’occasion de lancer de nouvelles applications multiplateforme, est-ce que la prochaine étape consistera à faire migrer vers le mobile les annonceurs et les lecteurs payants qui deviendraient alors la base du prochain modèle d’affaires ?</p>
<p>• Si les technologies mobiles favorisent une plus grande personnalisation, est-ce qu’Internet ne devient-il pas plutôt un outil de segmentation, donc de décentralisation ? Va-t-il rendre notre société plus hétérogène ?</p>
<ul>
<li><strong>Aspects économiques</strong></li>
</ul>
<p>• Comment développer un modèle d’affaires malgré cette utopie qui prétend que tout contenu doit être offert gratuitement sur le Web ?</p>
<p>• Comment la valeur ajoutée et les niches susciteront-elles le développement d’un nouveau modèle économique qui devrait s’appuyer plutôt sur la proximité ?</p>
<p>• Devant un tel tsunami de contenus, le Web va-t-il se scinder en différents domaines d’activité (militaire, commercial, académique et social), chacun avec ses promoteurs et ses clientèles, donc avec  sa propre économie ?</p>
<p>• À quand la mise en place d’un système de propriété intellectuelle qui respecte les créateurs ?</p>
<p>• Est-ce que les forces marchandes actuelles de la mondialisation vont réussir à faire d’Internet un marché planétaire hors-taxes ?</p>
<p>• Est-ce qu’une nouvelle bulle des technos se prépare, c’est-à-dire une autre exubérance irrationnelle comme celle des années 90 ?</p>
<ul>
<li><strong>Aspects sociétaux</strong></li>
</ul>
<p>• Passer d’une ère à une autre est un moment dangereux parce qu’il s’accompagne de désordres pour lesquels nos administrateurs ne semblent pas préparés. Où se situe le seuil d’emballement de notre système sociétal ?</p>
<p>• Quel est l’impact culturel du patchwork des émissions de variétés, des séries sentimentales et des spots publicitaires criards, diffusés par les consortiums occidentaux dans tous les villages de la planète ? En particulier dans les villages non occidentaux ?</p>
<p>• Si le flot des contenus et des services augmente encore et si ceux-ci sont destinés à être lus sous différentes formes d’écrans (téléviseur, tablette, lecteur, ordinateur, smart phone, etc.) quel code médiatique devrons-nous développer ?<br />
Souvenons-nous que le même problème a surgi lors de l’arrivée de l’imprimerie (livre, journal, pamphlet publicitaire, encyclopédie, roman, magazine, etc.) d’où l’émergence du code typographique en réponse à ce problème.</p>
<p>• Est-ce que l’utilisation des nouveaux algorithmes de transactions et de recommandations, qui nous imposent telle ou telle réponse à partir de leurs calculs de probabilité, ne réduit pas notre liberté de choisir ?</p>
<p>• Si, parmi les gens qui regardent la télévision, la moitié naviguent en même temps sur l’Internet ou utilisent aussi un téléphone ou une tablette intelligente, jusqu’où le cerveau humain peut-il fonctionner en mode multitâche ? Est-ce que la capacité de concentration des êtres humains diminuer de manière inversement proportionnelle à la multiplication des outils de communication ?</p>
<p>• L’augmentation de la criminalité (piratage, pédophilie, etc.) va-t-elle être accompagnée d’une volonté de la part des élites politiques de contrôler et de censurer le Web ?</p>
<p>• Où s’arrête la vie privée et où commence l’intérêt général dans un monde fait de cartes et de téléphones que les promoteurs peuvent facilement retracer et de caméras de surveillance que l’État contrôle ?</p>
<p>• Est-ce que les 25 % à 35 % d’analphabètes de base et fonctionnels actuels deviendront de futurs handicapés culturels ?</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/schc3a9ma-cartier.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-422" title="Schéma Cartier" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/schc3a9ma-cartier.jpg?w=468" alt="Schéma Cartier"   /></a>Pour mieux comprendre le schéma :</p>
<p>• Il utilise une vue d’ensemble des activités humaines grâce à une approche tripolaire :<br />
- le pôle technologique où se situe la bataille des contenus et des services.<br />
- le pôle économique où se situe la bataille des territoires et des marchés ;<br />
- le pôle sociétal où se situe la bataille des cultures et des langues.</p>
<p>• Les trois principaux moteurs responsables des mutations de la société sont :<br />
- Il y a vingt ans : la convergence électronique et médiatique (au niveau technologique), la mondialisation (au niveau économique) et la personnalisation (au niveau sociétal).<br />
- Il y a dix ans : le mobile, le géorégérencement et la personnalisation ;<br />
- Maintenant : la place publique que devient Internet, la proximité comme nouveau modèle économique et la prise de parole citoyenne.</p>
<p>• Entre l’ère industrielle (à gauche) et la nouvelle qui émerge (à droite), on distingue au centre les passages, ou paradigmes, créés par ces moteurs de changements. Là se situe la rupture.</p>
<p>• D’où la série d’interrogations (à droite dans le schéma) que nous devons nous poser si nous voulons apprivoiser ce qui pourrait devenir une société de la connaissance.</p>
</div>
<p style="text-align:right;">Michel Cartier</p>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/communication/'>Communication</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/category/economie/'>Economie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/category/societe-et-politique/'>Société et politique</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/420/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/420/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=420&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Schéma Cartier</media:title>
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		<title>Pour une filière énergétique thermonucléaire française, par Yves Garipuy</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 16:15:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yves Garipuy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Energies et écologie]]></category>
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		<description><![CDATA[L’épuisement inévitable des énergies fossiles ne pourra être compensée majoritairement que par de l’énergie nucléaire. La filière nucléaire actuellement utilisée est la fission de l’atome d’uranium, qui n’utilise que l’isotope U 235, lequel ne représente que 0,7% du minerai d’uranium. En cas d’utilisation massive de l’énergie nucléaire, on arriverait vite à une situation de pénurie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=414&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/edito_fusion_thermonucleaire_nous_devons_depasser_lhorizon_de_nos_propres_vies.jpg"><img class="alignleft  wp-image-415" title="Thermonucléaire" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/12/edito_fusion_thermonucleaire_nous_devons_depasser_lhorizon_de_nos_propres_vies.jpg?w=257&h=270" alt="Thermonucléaire" width="257" height="270" /></a>L’épuisement inévitable des énergies fossiles ne pourra être compensée majoritairement que par de l’énergie nucléaire.<br />
La filière nucléaire actuellement utilisée est la fission de l’atome d’uranium, qui n’utilise que l’isotope U 235, lequel ne représente que 0,7% du minerai d’uranium. En cas d’utilisation massive de l’énergie nucléaire, on arriverait vite à une situation de pénurie d’uranium.<br />
La parade actuellement envisagée est le développement de la filière surgénératrice, qui permet d’utiliser l’intégralité de l’uranium du minerai, prolongeant par un facteur 100 la durée de l’uranium. Ceci permettrait de couvrir les besoins mondiaux d’énergie, en laissant amplement le temps de développer une filière thermonucléaire, qui reste sans conteste la seule solution pleinement satisfaisante pour couvrir les besoins en énergie de l’humanité (non dangereuse, non polluante, illimitée).</div>
<div style="text-align:justify;"><span id="more-414"></span>Cependant, après l’accident de Fukushima, le surgénérateur aurait une faible acceptabilité par les populations, compte tenu de l’aggravation  des risques liée à sa technologie. Son installation dans des pays peu développés techniquement pourrait être problématique.<br />
Il apparait opportun donc d’envisager le remplacement de la filière actuelle directement par le thermonucléaire, sans passer par la phase de surgénération. Les incertitudes pesant sur la faisabilité de la filière thermonucléaire ont bien diminué ces dernières années, laissant présager un succès très probable du développement de ce moyen.<br />
La communauté internationale s’est engagée dans cette voie avec la construction du réacteur expérimental  ITER, en cours à Cadarache. Cependant, cette action s’avère décevante, avec des lenteurs et des chicaneries qui freinent fortement ce projet international. Celui-ci est actuellement en panne pour des raisons financières (voir l’article de <em>L’Expansion</em>, <a href="http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/iter-en-panne-faute-de-combustible-financier_a-32-6505.html" target="_blank">http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/iter-en-panne-faute-de-combustible-financier_a-32-6505.html</a>). L’avenir énergétique de l’humanité est bloqué pour  une rallonge manquante de 1,3 milliard d’euros. Le budget de construction, qui était initialement de 5 Md€ a été réévalué à 12 Md€.<br />
Ces chiffres doivent être comparés au coût des éoliennes marines prévues par le Grenelle de l’environnement : 20 Md€, dont la moitié vient d’être lancée. Ces éoliennes produiront 6GW, soit 12 TWh par an (2,4% de la consommation annuelle d’électricité), et pour les 20 ans de leur durée de vie, 240 TWh. Elles ne permettront pas de remplacer l’installation de centrales nucléaires (nécessaires quand le vent ne souffle pas), en économisant seulement du combustible nucléaire, dont le coût est de 2€/MWh, soit une économie sur 20 ans de 480 millions d’euros. Le surcoût de ces éoliennes sera donc de 20 – 0,48 = 19,5 Md€. Une somme bien inférieure à l’investissement d’ITER !<br />
D’où cette suggestion: plutôt que de gaspiller ce surcoût (qui est payé par les consommateurs d’électricité), transférons-le dans un projet français d’énergie thermonucléaire. Stoppons tant qu’il en est encore temps le projet d’éoliennes. Et mettons fin à ITER, un projet à faible efficacité du fait de son caractère international. Car dans ce genre de situations, la gouvernance du projet est difficile (notamment chaque pays contributeur exige un retour industriel correspondant à sa quote-part, quelles que soient ses compétences), retards et surcoûts sont la sanction de ce mode de fonctionnement. Puisque les contributeurs actuels d’ITER traînent les pieds pour augmenter l’enveloppe, proposons-leur de les débarrasser de ce fardeau, en leur rachetant leur mise de fond. La France a toutes les compétences nécessaires pour conduire seule ce projet, et les consommateurs français d’électricité qui le financeront seront certainement bien plus heureux de participer au défi phare de notre civilisation industrielle, plutôt que de gaspiller leur argent sur l’autel des idées convenues.</div>
<p style="text-align:right;">Yves Garipuy</p>
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	</item>
		<item>
		<title>Les fonctions de la communication : les 3 P, par Dominique Annet</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 15:02:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Annet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[communication de crise]]></category>
		<category><![CDATA[communication externe]]></category>
		<category><![CDATA[communication interne]]></category>
		<category><![CDATA[fonctions de la communication]]></category>
		<category><![CDATA[management]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
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		<category><![CDATA[prévention]]></category>
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		<category><![CDATA[système d'information]]></category>

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		<description><![CDATA[Les &#8220;4 P&#8221; du marketing-mix classique selon Michaël Porter ont-ils vécus ? Place aux &#8220;3 P&#8221; de la communication : Prévention, Protection, Promotion. Passé, présent, futur. Protection, Promotion, Prévention. Et tout est dit. Bien que&#8230; une brève explication s&#8217;impose compte tenu de la perception et de l&#8217;usage, sommaires au moins, erronés au plus, de trop [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=334&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;">
<p>Les &#8220;4 P&#8221; du marketing-mix classique selon Michaël Porter ont-ils vécus ? Place aux &#8220;3 P&#8221; de la communication : Prévention, Protection, Promotion.</p>
<p><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/11/professionnels-communication.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-406" title="Communication" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/11/professionnels-communication.jpg?w=300&h=133" alt="Communication" width="300" height="133" /></a></p>
<p>Passé, présent, futur. Protection, Promotion, Prévention. Et tout est dit.</p>
<p>Bien que&#8230; une brève explication s&#8217;impose compte tenu de la perception et de l&#8217;usage, sommaires au moins, erronés au plus, de trop nombreuses personnes (même professionnelles déclarées) en la matière. Explication donc&#8230;</p>
<p><span id="more-334"></span></p>
<p>Principe de base : la communication (d&#8217;entreprise/d&#8217;une organisation) est la culture de l&#8217;information. Son but : accompagner l&#8217;organisme pour qu&#8217;il puisse aller au plus loin de ses potentiels de développement et dans l&#8217;accomplissement de son projet fondateur.<br />
<strong></strong></p>
<p><strong>1er P : Prévention (futur)</strong><br />
Cultiver l&#8217;information, c&#8217;est d&#8217;abord anticiper les problématiques. Autrement dit, réfléchir et mettre en place une méthode de prévention de toutes situations internes et externes qui risquent de poser problème ou au contraire qui peuvent être favorables à l&#8217;organisme.<br />
Une fois le projet de l&#8217;entreprise clarifié par le manager, un bilan des risques (négatifs) et des potentialités (positives) sont à établir. Sur cette base, revient au communicant la tâche d&#8217;établir contenus et process à utiliser. Certains nomment cela &#8220;communication de crise&#8221;… en oubliant que &#8220;la crise&#8221; (phénomène qui survient sans être attendu) peut être &#8220;une opportunité&#8221; (qui répond à la même définition). Prévention, préparation donc…</p>
<p><strong>2ème P: Protection (passé)</strong><br />
La richesse actuelle d&#8217;une organisation est l&#8217;ensemble de ses Connaissances (métiers, informations, compétences, …). La mémoire des informations et savoirs est donc vitale pour assurer son fonctionnement et sa pérennité. Il s&#8217;agit de conserver les données de telle manière à pouvoir les retrouver aisément, et de les protéger suffisamment pour qu&#8217;elles ne puissent impunément être détruites ou pillées ou falsifiées. Préservation donc à travers des bases de connaissances formalisées. Mais aussi protection au sens de la défense contre les attaques de toutes natures. Système d&#8217;information et système informationnel : une nouvelle alliance est à créer entre informaticiens et communicants.</p>
<p><strong>3ème P : Promotion (présent)</strong><br />
Il s&#8217;agit aussi et seulement enfin de &#8220;faire savoir&#8221;. &#8220;Communication interne et communication externe&#8221; étant les termes consacrés. La communication d&#8217;aujourd&#8217;hui est le plus souvent restreinte à cet item. Et pourtant… Au regard des deux P précédents, on constatera que la communication &#8216;professionnelle&#8217; actuelle est très partielle… Faire savoir donc… les grands projets, l&#8217;identité, les nouveaux produits et services, les performances, la vie, les gens,… de l&#8217;entreprise. Et aussi ce que tout cela peut devenir.<br />
Vision. Question : qui fait donc &#8220;la promotion&#8221; de sa vision d&#8217;entreprise ?<br />
Passé : accumuler / stocker<br />
Présent : conserver / cultiver<br />
Futur : déployer / accomplir</p>
<p><strong>Quand le marketing est dépassé</strong><br />
&#8220;Product, Place, Price, Promotion&#8221; pour politique de produit, politique de prix, politique de distribution et de communication. Les 4 P du marketing mix (encore enseignés dans les écoles!) était certes un outil mnémotechnique appréciable au siècle dernier… mais aujourd&#8217;hui et à mon sens, complètement dépassé.<br />
1. &#8220;Product&#8221; ? Désormais, tous les produits existent (réellement ou potentiellement) et du plus luxueux au plus médiocres, tous se vendent ou se vendront.<br />
2. &#8220;Place&#8221; ? A l&#8217;heure du numérique, le notion de &#8220;lieu physique idéal&#8221; (the place to be) tombe naturellement en désuétude. La première place où se placer est désormais la Toile. Peu de budget? Misez tout sur la toile… et misez bien !<br />
3. &#8220;Price&#8221; ! Qu&#8217;importe le prix, ce qui compte est la valeur d&#8217;usage injectée dans le produit ou le service. Tous les prix sont donc permis pourvu que la qualité d&#8217;usage y soit… et tous les coûts sont permis pourvu que soit respecté le principe frugalité.<br />
4. &#8220;Promotion&#8221; ? Le marketing en a fait le synonyme de &#8220;Communication&#8221;. Parcellaire comme nous l&#8217;avons évoqué plus haut.<br />
Bref, en résumé, en vite dit, mais pour aller à l&#8217;essentiel : ce marketing-là est mort. Et même si cette &#8220;promotion&#8221;-là s&#8217;avère toujours utile, elle s&#8217;avère désormais largement insuffisante !Si l&#8217;on veut que &#8220;la Communication&#8221; remplisse effectivement sa mission, réponde complètement à sa vocation (de cultiver l&#8217;information), il faudra mettre au placard de nombreux jeux de pouvoir, en particulier ceux qui veulent réduire &#8220;la Com&#8217;&#8221; à &#8220;la Prom&#8221; du<br />
marketing. Si l&#8217;on veut que le management puisse déployer son projet, il faudra bien qu&#8217;il reconnaissance (au sens noble) du terme, la Communication comme son garant et son promoteur d&#8217;informations. L&#8217;information n&#8217;étant que l&#8217;or blanc de ce siècle… chacun jugera de la pertinence du propos.<br />
Enfin et s&#8217;il le faut, si les mentalités sont à ce point résistantes au changement, au déploiement, résistantes à reconsidérer jusqu&#8217;au concept, et bien… changeons de nom : cette communication-là ne devrait plus s&#8217;appeler &#8220;communication&#8221;.</p>
</div>
<p style="text-align:right;">Dominique Annet</p>
<br />Classé dans:<a href='http://prospective-vivredemain.com/category/communication/'>Communication</a> Tagged: <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/communication-2/'>communication</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/communication-de-crise/'>communication de crise</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/communication-externe/'>communication externe</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/communication-interne/'>communication interne</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/fonctions-de-la-communication/'>fonctions de la communication</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/management/'>management</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/marketing/'>marketing</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/marketing-mix/'>marketing-mix</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/prevention/'>prévention</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/promotion/'>promotion</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/protection/'>protection</a>, <a href='http://prospective-vivredemain.com/tag/systeme-dinformation/'>système d'information</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/vivredemain.wordpress.com/334/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/vivredemain.wordpress.com/334/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=334&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>De l&#8217;information à la conscience, par Marc Halévy</title>
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		<comments>http://prospective-vivredemain.com/2011/10/25/de-linformation-a-la-conscience-par-marc-halevy/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 18:51:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Halévy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un des derniers paragraphes de son livre L&#8217;éveil des consciences, mon ami Hervé Bellut écrit cette petite phrase qui, non seulement, résume tout son travail, mais qui, aussi, m&#8217;a interpellé par sa concision, comme un coup de katana, célèbre sabre du kendo des samouraïs : &#8220;A l&#8217;ère de la communication succède l&#8217;ère de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=prospective-vivredemain.com&#038;blog=23269832&#038;post=323&#038;subd=vivredemain&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align:justify;"><a href="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/10/cerveau-et-conscience.jpg"><img class="alignright  wp-image-404" title="Conscience" src="http://vivredemain.files.wordpress.com/2011/10/cerveau-et-conscience.jpg?w=240&h=138" alt="Conscience" width="240" height="138" /></a>Dans un des derniers paragraphes de son livre <em>L&#8217;éveil des consciences</em>, mon ami Hervé Bellut écrit cette petite phrase qui, non seulement, résume tout son travail, mais qui, aussi, m&#8217;a interpellé par sa concision, comme un coup de <em>katana</em>, célèbre sabre du <em>kendo</em> des samouraïs : &#8220;A l&#8217;ère de la communication succède l&#8217;ère de la conscience&#8221;.</div>
<div style="text-align:justify;">La conscience en suite de la communication, donc.</div>
<div style="text-align:justify;">Curieuse chose que cette conscience. Celle que l&#8217;on prend. Celle que l&#8217;on a. La conscience en soi n&#8217;existe pas. On a ou prend conscience de quelque chose. Et ce quelque chose se pose quelque part sur une échelle qui va du rien au tout, qui s&#8217;étage du prochain au lointain, du maintenant au toujours.</div>
<div style="text-align:justify;"><span id="more-323"></span></div>
<div style="text-align:justify;">Depuis quelque années, je travaille sur une approche de l&#8217;esprit qui renie les catégories freudiennes d&#8217;inconscient, subconscient, conscient, voire surconscient ou supraconscient. Dans ce regard-là, la conscience devient non un lieu ou une chose, mais un processus : celui qui construit, perpétuellement, l&#8217;interface la moins mauvaise &#8211; du moins pour les êtres jouissant de la grande santé mentale &#8211; entre un dedans portant les intentions et potentialités de l&#8217;âme profonde et un dehors résultant des multiples champs d&#8217;opportunités et contraintes du monde alentour.</div>
<div style="text-align:justify;">Prendre conscience, alors, revient à confronter cette intention et ce champ, et à interpréter cette confrontation en termes de convergences ou de divergences ou d&#8217;indifférences.</div>
<div style="text-align:justify;">Le schizophrène ou l&#8217;autiste nieront le dehors et s&#8217;enfermeront dans un imaginaire tout intérieur ; le paranoïde jugera le dehors perpétuellement négatif, ennemi ; le renonçant n&#8217;aura de cesse que de briser son intention profonde à coups de force macérations et flagellations jusqu&#8217;à n&#8217;être plus qu&#8217;une charpie soumise et inexistante. Bref, le grand défi lancé à toute âme forte est d&#8217;assumer cette dialectique foncière entre dedans et dehors, sans définir, a priori, une quelconque échelle des valeurs, une quelconque relation hiérarchique entre eux.</div>
<div style="text-align:justify;">C&#8217;est au fond l&#8217;essence même de toute démarche spirituelle que d&#8217;assumer pleinement cette dialectique et, plutôt que d&#8217;en faire une souffrance ou une pénibilité, d&#8217;en faire une force, une énergie, une source d&#8217;accomplissement tant pour le dedans que pour le dehors. Un moteur, pour tout dire.</div>
<div style="text-align:justify;">C&#8217;est obstacle de l&#8217;inertie qui rend possible le mouvement. C&#8217;est la résistance du marbre qui donne beauté et valeur au travail du sculpteur.</div>
<div style="text-align:justify;">Toute œuvre naît d&#8217;un rapport dialectique entre intention et obstacle, entre insistance et résistance.</div>
<div style="text-align:justify;">Pour le dire d&#8217;un mot, l&#8217;accomplissement de l&#8217;Homme chez les animaux humains &#8211; voire l&#8217;accomplissement, chez eux, du surhomme nietzschéen, c&#8217;est-à-dire de ce qui, en l&#8217;homme, dépasse l&#8217;homme -  passe par la conscience, par la vivacité et la fécondité de la conscience, par la confrontation forte, puissante, profonde et fertile entre l&#8217;intention de s&#8217;accomplir qui vient du dedans et la possibilité de s&#8217;accomplir qui vient du dehors.</div>
<div style="text-align:justify;">Mais cette capacité spirituelle, cette démarche de conscience, impose un prérequis : renoncer à tout idéalisme, à tout idéal et accepter, avec jubilation, le réel tel qu&#8217;il est, comprendre que ce qui nous y déplait est dans notre regard et non dans sa nature, comprendre que tout idéal n&#8217;est qu&#8217;idéalisation de nos fantasmes, de nos caprices, de nos impatiences, de nos aveuglements.</div>
<div style="text-align:justify;">Platon est l&#8217;ennemi : il n&#8217;y a pas de monde des Idées, de ces idées parfaites dont notre monde ne serait que les imparfaites projections sur les parois de cette caverne fantasmagorique qui n&#8217;existe pas.</div>
<div style="text-align:justify;">La confrontation intime, pour qu&#8217;il y ait conscience vraie et fertile, ne peut avoir de sens qu&#8217;entre le réel du dehors et le réel du dedans. Aller vers le réel du dehors, c&#8217;est vouloir et aimer le monde tel qu&#8217;il est ; c&#8217;est l&#8217;<em>amor fati</em> de Nietzsche ; c&#8217;est son &#8220;grand oui&#8221; ; c&#8217;est sa &#8220;grande santé&#8221;. Aller vers le réel du dedans, c&#8217;est le &#8220;Connais-toi toi-même&#8221; delphique : quels sont ma véritable intention, mes vrais talents, mes vraies capacités ? On est là bien loin des psychologismes ambiants.</div>
<div style="text-align:justify;">Il n&#8217;y a aucun cheminement initiatique en dehors de ces deux quêtes lucides et volontaires &#8211; et concomitantes &#8211; du réel vrai. Tout le reste n&#8217;est que leurre ou mensonge, piège ou fatuité.</div>
<div style="text-align:center;"></div>
<div style="text-align:justify;">Et, comme toujours, lorsque l&#8217;on bâtit une théorie sur une bipolarité &#8211; ici, le dedans et le dehors -, il est vital de casser les ailes à ce vilain canard qui pointe son bec : celui de la dualité et du dualisme. Car, si la bipolarité est existentielle et phénoménale, la dualité, très vite, tend à devenir, sournoisement, essentielle et ontologique.</div>
<div style="text-align:justify;">Aussi, afin d&#8217;encore enrichir la notion de conscience, convient-il d&#8217;élargir le champ et de concevoir que ce dedans et ce dehors ne sont que les deux faces de la manifestation du même Un.</div>
<div style="text-align:justify;">Regardés avec les &#8220;yeux de Dieu&#8221;, le dedans et le dehors de l&#8217;homme &#8211; de chaque homme &#8211; ne sont qu&#8217;une seule et même chose, une seule et même expression du grand fleuve de Vie qui est l&#8217;âme du cosmos puisqu&#8217;il l&#8217;anime.</div>
<div style="text-align:justify;">Élargir la conscience, donc, c&#8217;est dépasser la confrontation intime du quotidien pour, s&#8217;en nourrissant, atteindre à l&#8217;intégration. Intégration de la partie dans le tout, du relatif dans l&#8217;absolu, de la multiplicité dans l&#8217;unité, bref pour atteindre la libération.</div>
<div style="text-align:center;"></div>
<div style="text-align:justify;">Prendre conscience, écrivais-je, c&#8217;est prendre conscience de quelque chose. Et ce quelque chose, dans ce livre, est précisément le monde des hommes en ce grand virage de son histoire que nous vivons aujourd&#8217;hui.</div>
<div style="text-align:justify;">La conscience comme suite à l&#8217;information.</div>
<div style="text-align:justify;">L&#8217;idée est forte. Avant la Modernité, l&#8217;homme de la sagesse grecque, de l&#8217;ordre romain, de la théologie carolingienne, du salut féodal explorait, par mille chemins, la réalité et les imaginaires du dedans. La Modernité fit rupture. Elle voulut investiguer le dehors. Elle voulut affirmer, d&#8217;abord (les humanistes), objectiver, ensuite (les rationalistes), et positiver, enfin (les scientistes), la réalité du monde. Il s&#8217;agissait non plus d&#8217;inventer un monde (la Cité, l&#8217;Empire, l’Église) mais de s&#8217;informer sur le monde c&#8217;est-à-dire d&#8217;intérioriser la forme du monde.</div>
<div style="text-align:justify;">Et cette quête de l&#8217;information et de sa diffusion atteint aujourd&#8217;hui ses limites. Les sciences ont épuisé le domaine de l&#8217;expérimentable, du mesurable. La technologie offre, instantanément, toute l&#8217;information sur tous les événements du monde. Nous sommes informés, jusqu&#8217;à l&#8217;écœurement, jusqu&#8217;à la saturation, jusqu&#8217;à la nausée, des moindres faits et gestes de n&#8217;importe quel sagouin médiatique. Et nous découvrons notre misère intérieure que toutes nos obsessionnelles connexions ne parviennent pas, ne parviendront jamais, à combler.</div>
<div style="text-align:justify;">Communiquer n&#8217;est pas un but en soi. Pour qu&#8217;il y ait communication, il faut communiquer sur quelque chose. Le vide intérieur de nos contemporains est contagieux mais pas communicable.</div>
<div style="text-align:justify;">Il faut donc dépasser cet âge finissant de l&#8217;information et de la communication. Il faut retrouver la dialectique fondamentale de notre être intime. Il faut, sans l&#8217;abandonner, prendre distance de ce monde du dehors dont nous sommes informés jusqu&#8217;au haut-le-cœur et se retourner, et revenir à soi, et retrouver sa vocation intime, son intention fondatrice. Il nous faut retrouver le chemin de notre propre accomplissement. Face à l&#8217;information du dehors, il nous faut poser la transformation du dedans.</div>
<div style="text-align:justify;">Ce vaste mouvement, en grec, appelle une <em>métanoïa</em> !</div>
<div style="text-align:right;">Marc Halévy</div>
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